Le signal satellite est perdu !

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décembre 2008
Pendant les aurores boréales, qui se produisent au niveau des pôles (ici au-dessus de l’Alaska), l’ionosphère peut devenir instable. Son instabilité ressemble alors à celle des scintillations observées à l’équateur.
© APOD/NASA/Bud Kuenzli

La liaison entre un satellite et son récepteur peut être perturbée par… l’atmosphère ! Délicat, quand on se sert du GPS.

 

Pour comprendre les préoccupations d’Alain Bourdillon, il faut se rendre dans une zone particulière, située autour de l’équateur magnétique, dans l’ionosphère – la partie haute de l’atmosphère, entre 70 et 1 000 km –, plus particulièrement entre 18 h et minuit, quand le soleil se couche. Mais ce n’est pas le coucher du soleil qui l’intéresse. Alain Bourdillon est géophysicien dans le laboratoire “Communication propagation radar”, à l’Institut d’électronique et de télécommunications de Rennes. 

Trois récepteurs au Vietnam

« Le champ magnétique est horizontal à cet endroit du globe, et quand le soleil se couche, l’ionosphère monte et crée des scintillations équatoriales. » Le phénomène n’est pas régulier. Il dépend de l’heure et des saisons et aussi de l’activité solaire. Esthétiques ? Ces scintillations perturbent surtout le signal émis entre un satellite et son récepteur. Cela se produit aussi dans les hautes latitudes, au-delà de Bergen (Norvège), et, à l’équateur, l’Afrique, le sud de l’Asie, l’Amérique du Sud sont touchés. Alain Bourdillon est donc allé installer un réseau de trois récepteurs au Vietnam, en collaboration avec l’Institut Télécom de Brest. Depuis début 2005, il capte les signaux GPS, enregistre les données, caractérise les phénomènes, et détermine le nombre de jours affectés..., dans le but de développer des modèles capables de corriger ces perturbations.

On redécouvre le phénomène

« Ces phénomènes de scintillations sont connus depuis longtemps. On les redécouvre avec l’utilisation du GPS, qui nécessite au moins quatre satellites pour se positionner », précise le chercheur, qui a récemment participé à un groupe de travail pour l’Esa(1) afin d’anticiper ce problème avec le futur système de positionnement européen Galiléo.

Dans les basses fréquences

« Le phénomène est d’autant plus perturbant que l’on est dans les basses fréquences. Or c’est une tendance, aujourd’hui, de descendre en fréquence dans les systèmes radar d’observation de la Terre, pour travailler avec des ondes qui pénètrent dans le sol et permettent de voir des objets cachés. » Le sujet est donc d’actualité, d’autant qu’un pic solaire est annoncé pour 2011-2012.

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Nathalie BLANC

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