Une PME voit l’océan d’en haut

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décembre 2008
La station de réception de l’entreprise CLS, basée aux Kerguelen, permet de surveiller la pêche illégale dans les eaux françaises de l’océan Indien.
© DR

À Brest, la société CLS traite des données satellite radar pour repérer la pêche illégale ou les pollutions en mer.

En 2003, elle s’appelait Boost Technologies et n’était composée que de trois personnes. La PME brestoise avait bâti sa réputation dans l’exploitation d’images satellite radar et avait déjà identifié l’intérêt d’héberger une station de réception de ces données sur son territoire (lire ci-contre). Elle a été rachetée par CLS fin 2007 et, aujourd’hui, douze salariés composent la division radar de CLS Brest, dont Vincent Kerbaol est le directeur. « Nous apportons une expertise scientifique que n’avait pas CLS et, de l’autre côté, nous gagnons une assise financière et commerciale et aussi de la crédibilité au niveau opérationnel qui nous manquaient. Et puis CLS est une filiale d’Ifremer et du Cnes, qui affiche ainsi clairement la reconnaissance des compétences brestoises dans le domaine du spatial. »

Les contraintes du temps réel

La recherche sur l’acquisition des données radar et le développement de solutions logiciel pour leur utilisation reste une priorité pour CLS Brest. Mais la société s’affiche également dans le service et Vincent Kerbaol ne cache pas son plaisir : « La recherche est essentielle si l’on veut garder de l’avance sur nos concurrents. Mais avec le service, on se confronte directement à la réalité et aux contraintes du temps réel. Et nous utilisons nos propres solutions logiciel. »

En Australie et dans l’océan Indien

CLS réalise actuellement la surveillance de la pêche illégale dans les eaux françaises de l’océan Indien (dans lesquelles la légine est un poisson mis en danger à cause de la pêche illégale) et du suivi de trafic pour les douanes australiennes. Si les zones d’intervention de l’entreprise sont si éloignées, c’est que les données sont transmises en temps réel grâce à des stations de réception locales : dans les îles Kerguelen et en Australie.

« Il nous faut des images ! »

« Nous maîtrisons tout pour intervenir sur la zone européenne, mais il nous faut des images ! » En attendant juin 2009 que l’antenne brestoise soit opérationnelle, et fasse bénéficier l’Europe de données en temps réel, CLS a défini quatre axes d’action prioritaires : les suivis des pollutions et du trafic (qui peuvent d’ailleurs être couplés), la surveillance des pêches, et enfin la veille environnementale, qui consiste à faire des mesures de la vitesse de vent, de la hauteur de la houle. Des informations qui peuvent s’avérer utiles quand on sait que plus de cent bateaux passent chaque jour au large des côtes bretonnes.

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Nathalie BLANC

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