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Laëtitia Le Pottier
Thésarde
En novembre, elle a présenté ses travaux aux États-Unis, lors d’un concours où elle était la seule Européenne parmi les dix candidats sélectionnés.

«Je cherche à comprendre les mécanismes d’une maladie auto-immune»

Laëtitia Le Pottier termine sa thèse à l’Université de Bretagne occidentale. Ses travaux ont été publiés en février dans le Journal of Immunology.

Je cherche à comprendre les mécanismes en jeu dans le syndrome de Gougerot-Sjögren ou syndrome sec. C’est une maladie auto-immune, ce qui signifie que l’organisme se défend contre lui-même. Le système immunitaire, qui doit normalement protéger notre corps des agressions extérieures : virus, bactéries, fonctionne mal et, dans le cas du syndrome sec, détruit les glandes exocrines comme celles qui produisent les larmes ou la salive. Les symptômes : bouche sèche, peau sèche, semblent banals au départ. Cela rend cette maladie difficile à diagnostiquer. Je cherche à comprendre comment cette destruction s’opère pour aider à mettre au point des traitements efficaces.

Au laboratoire, nous travaillons essentiellement sur les glandes salivaires humaines. Nous recevons des prélèvements de l’hôpital. Je les coupe au laser pour y chercher des cellules du système immunitaire, infiltrées dans ces tissus.
J’ai ainsi pu identifier, dans ces glandes salivaires, des gènes qui s’expriment habituellement dans les organes du système immunitaire comme les ganglions ou les amygdales. Ces gènes donnent naissance à des follicules lymphoïdes, des structures cellulaires très spécifiques, qui n’ont rien à faire là ! J’ai surtout montré que ces follicules sont fonctionnels, ils produisent des autoanticorps qui détruisent la glande de l’intérieur ! Maintenant je m’intéresse à une autre molécule impliquée dans ce syndrome : la molécule Baff qui entre en jeu dans la survie de certaines cellules du système immunitaire. 

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Propos recueillis par
céline Duguey

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