Les régions à l’assaut du climat

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mars 2009
Les vagues déferlent sur les digues du Guilvinec en mars 2008.
© Marcel Mouchet-AFP

En accueillant une antenne des Nations Unies, la Bretagne peut devenir centre de référence des métiers du climat.

«Le changement climatique est   inéluctable. Mais c’est encore  une notion nouvelle, dont la population n’a pas conscience. Il existe d’ailleurs peu de projets de lutte contre le réchauffement climatique, au niveau local. » Cela va bientôt changer avec la création de Climsat, coordonné par Alain Retière. Ce centre de services intégrés, basé à Brest, est une initiative du Pnud(1), la plus grosse agence de l’Organisation des Nations unies, chargée de promouvoir le développement humain durable et de mettre en place des accords concernant les objectifs de développement du Millénium (ODM). L’accord de création du Climsat a été signé en octobre 2008 à Saint-Malo, lors du premier sommet mondial des régions(2) sur le changement climatique. « La Bretagne a été très active dans l’organisation de cette première rencontre, souligne Alain Retière. Avant de l’accueillir, elle faisait partie de la délégation de régions qui, fin 2007, avait plaidé auprès du Pnud l’importance du rôle spécifique des régions dans la lutte contre le changement climatique. »

Les données du climat

Le rôle de Climsat est d’apporter un appui technique (étude de vulnérabilité, suivi et évaluation des projets) aux régions qui veulent s’engager dans une démarche sérieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation au réchauffement. Les régions du Sud, les plus pauvres, sont visées en priorité, mais « la réflexion doit être commune, poursuit Alain Retière. Certains pays d’Afrique ont des idées, dont les pays riches pourraient se nourrir. » Climsat fournira les informations dont les régions ont besoin : des données satellites et des outils de modélisation. « L’idée est que les régions aient accès à différents outils leur permettant de visualiser les impacts prévisibles sur les territoires afin de mieux les comprendre, les anticiper et y apporter des réponses pertinentes dans le cadre de leurs projets de développement local, dans les dimensions économiques, sociales et environnementales. » L’accompagnement des acteurs locaux est aussi prévu, ainsi que des formations, dont certaines seront dispensées à Brest.

Une ville internationale

Pour mener à bien ses missions, Climsat s’appuie sur des organisations internationales européennes, nationales et locales comme l’Onu, l’Esa, Météo France, le Cnes, mais aussi sur des compétences, des équipes de recherche et des entreprises brestoises dans les domaines de la climatologie, de l’océanographie et des télécoms. C’est pour cela que Brest a été choisie, en plus de sa situation géographique. « La proximité de la mer est emblématique : une ville qui possède un port doit nécessairement se tourner vers l’international. » Climsat lui donne l’occasion de rayonner encore plus et de se positionner comme pôle de formation universitaire pour les métiers du changement climatique. « Les yeux du monde sont tournés vers la Bretagne, qui doit être exemplaire en matière d’adaptation au changement climatique et réduction de ses émissions de gaz à effet de serre ! » Et cela se joue cette année : la prochaine conférence internationale qui doit maintenir l’élan en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique a lieu fin 2009 à Copenhague.

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Nathalie BLANC

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