Un satellite sillonne les mers

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mars 2009
Cette image du Groenland en composition colorée a été élaborée à partir des données fournies par le satellite MetOp.
© Météo France

Un gros flux de données satellitaires sur la mer arrive, en temps réel, au Centre de météorologie spatiale de Lannion.

La mer vue du ciel. Grâce au nouveau satellite européen MetOp, le Centre de météorologie spatiale (CMS) de Météo France à Lannion reçoit et traite des données à haute résolution en temps réel. « MetOp est le premier satellite défilant européen entièrement dédié à la météo, explique Sylvain Le Moal, chef de la division Valorisation des données satellitaires. Avant, on ne recevait que des données de satellites américains.Maintenant, grâce au couple de satellites NOAA et MetOp (États-Unis et Europe), on réceptionne des données toutes les six heures ! »

À bord, une dizaine d’instruments d’imagerie ou de sondage, dont certains permettent de connaître la température de surface des océans avec une résolution d’1km, mais aussi la direction et la vitesse du vent à la surface de la mer. Un seul de ces instruments peut générer plusieurs gigaoctets de données par jour. Au sol, la réception doit suivre ! Sans compter que « le satellite ne nous transmet pas directement les températures, mais des mesures infrarouges qui doivent être traitées. Cela demande des algorithmes plus performants, précise Hervé Roquet, chef de la division Recherche et développement. Pour améliorer la précision des mesures aux latitudes élevées, nous avons travaillé avec une équipe de chercheurs norvégiens, en comparant les mesures prises par les satellites avec les températures in situ de la mer Arctique. »

Si les données en temps réel sont principalement destinées aux services de prévision météo, celles sur la présence, la densité et le type de glace de mer intéressent aussi les chercheurs. Le CMS fournit ceux du laboratoire de physique des océans de l’Ifremer à Brest, du réseau de télédétection de Bretagne (lire Sciences Ouest n°260 - décembre 2008), ou encore du réseau “Océan et glace de mer”, qu’il coordonne. « Des informations sur la vitesse et l’orientation du vent, ou sur le potentiel solaire servent aussi à orienter les politiques énergétiques », souligne encore Hervé Roquet.

Le satellite MetOp est un instrument de mesure du changement climatique parmi d’autres. Il ne donne pas la solution mais permet de mettre en évidence des variations sur la durée : la continuité du service du programme européen MetOp est normalement assurée pour quinze ans. Et on parle déjà de la génération suivante de satellites, à l’horizon 2020...

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Nathalie Blanc

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