La télévision prend du relief

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avril 2009
Pour obtenir la vision en 3D, il faut envoyer à l’œil gauche et à l’œil droit des images semblables mais légèrement décalées. L’écran fait le reste...
© Artefacto

Des papillons plus vrais que nature qui s’envolent vers vous depuis un écran, de la science-fiction ? Pas si sûr. 

De nombreux cinémas proposent aujourd’hui des séances en 3D. Le relief pourrait bien arriver aussi dans votre salon, et surtout, sans lunettes !
Les ingénieurs engagés dans le projet Futurimage du pôle Images et Réseaux(1) y travaillent.
« À l’heure actuelle, les écrans sont le maillon le plus avancé de la chaîne », explique Raphaèle Balter, ingénieur d’Orange Lab. Le principe de base repose sur la stéréoscopie. Il s’agit d’envoyer à l’œil gauche et à l’œil droit des images semblables mais légèrement décalées. Mais sans les fameuses lunettes rouges et vertes qui ne laissent passer que la bonne vue sur le bon œil, ici, c’est à l’écran de faire le tri.

Huit images en une

Deux systèmes de filtres existent d’ores et déjà, pour des utilisations professionnelles. Ils envoient chaque vue dans des directions différentes pour l’œil gauche et l’œil droit. Et si le téléspectateur est bien placé, chaque œil ne reçoit que la vue qui lui est destinée.
« En fait, l’image de départ est composée de plusieurs images, cinq, huit, neuf, voire 25, précise Raphaèle Balter, pour permettre au spectateur de se déplacer en face de son écran et de toujours recevoir une paire d’images pour voir en relief. La production de tels contenus est très complexe. » Pour les écrans requérant huit images, par exemple, il faut filmer avec huit caméras placées très précisément. « Nous développons aussi des programmes informatiques capables de générer une carte de profondeur de l’image, qui associe à chaque point de l’image sa distance à la caméra et qui peut recréer le nombre de vues que l’on souhaite. » Ce principe a l’avantage non négligeable de pouvoir adapter les films à plusieurs écrans, du grand écran plat à celui du téléphone mobile. Mais les contenus restent des pièces rares. « Nous devons travailler sur toute la chaîne de production, précise Catherine Serré, responsable du projet chez Thomson, de la création de contenu à la diffusion en passant par la transmission de l’image, qui constitue la grande spécificité de la télévision ! »

S’immerger dans l’image

Il reste encore des étapes à franchir avant que la 3D n’arrive à la maison. Pourtant l’attente est forte. Une étude réalisée dans le cadre du projet en fait état. Les personnes interrogées étaient impressionnées par la 3D, très intéressées mais aussi exigeantes. Elles veulent de la 3D à la maison, mais pas de n’importe quelle qualité. Maux de tête, fatigue visuelle et autres désagréments possibles sont étudiés de près par les ingénieurs. De façon plus générale, le public attend une télévision plus “immersive”. « Le projet Futurimage se penche aussi sur d’autres formats que la 3D, au rendu plus réaliste que la télévision actuelle, ajoute Catherine Serré. La haute définition 1080p, p comme progressif. Elle affiche deux fois plus d’informations pour chaque image, et diffuse 50images par seconde, au lieu de 25 traditionnellement. Les détails sont plus clairs et les mouvements beaucoup plus réalistes. Le format HDR, pour High Dynamic Range, joue sur les contrastes et les couleurs, pour recréer au mieux la perception de l’œil humain. » Fin 2009, à la fin du projet, Futurimage espère avoir mis au point des démonstrateurs de la télévision de demain. Quant à savoir dans combien d’années James Bond “sortira” de nos téléviseurs...

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Céline DUGUEY

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