Qui télécharge sur Internet ?

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avril 2009
Dans les réseaux de Peer to Peer, l’offre est moins limitée que dans les bacs.
© Nathalie Blanc

Les annonces de particulier à particulier, qui “évincent” les agences professionnelles, existent depuis longtemps. Sur Internet aussi, c’est le Peer to Peer (P2P).

Cette “fonctionnalité” du Web a explosé ces dix dernières années. Elle rend possible l’échange de fichiers –musique, film– d’un (ou plusieurs) internaute(s) à un autre, en direct, sans passer par un serveur central. Cela pose question car l’échange se fait souvent gratuitement et sans contrôle. C’est ce qu’on appelle le piratage ! Un projet de loi pour la répression de ces pratiques est actuellement en discussion au Parlement (loi Hadopi). Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les “pirates” ne cherchent pas nécessairement à économiser de l’argent avec le Peer to Peer. Ils profitent surtout d’un service qui n’existe nulle part ailleurs, surtout pas dans les offres payantes. C’est ce que révèle une enquête menée en 2008 par le réseau de chercheurs Marsouin, et dont les résultats ont été présentés en janvier dernier(1).

De gros consommateurs

« Nous avons interrogé un échantillon de 2 000 personnes, représentatif de la population bretonne, détaille Sylvain Dejean, l’un des trois auteurs de l’enquête, sur leurs habitudes face à la consommation de vidéos, puis sur leur utilisation du P2P. » Premier constat : le téléchargement est un phénomène générationnel. Sans grande surprise, les plus jeunes (moins de 30 ans, et le phénomène s’accentue pour les moins de 20 ans) sont plus friands des contenus vidéo sur Internet. Mais les adeptes du téléchargement de vidéos “piratées” sont également les plus gros consommateurs de vidéos payantes. De façon générale, ils vont plus au cinéma, achètent et louent plus de DVD. Ils ne seraient donc pas nécessairement “radins”.

Abondance et liberté de choix

Ce qui séduit les internautes dans le Peer to Peer, c’est l’abondance de données. Les réseaux P2P proposent une infinité de contenus, ce qui n’est pas le cas des bacs des distributeurs traditionnels. « Il se crée des communautés par affinités. Vous pourrez trouver des groupes de téléchargements spécialisés dans les films japonais des années 60, ou dans les matchs de football nord-américain. » Mieux encore, ces données ne suivent pas une ligne éditoriale imposée. Point de “tête de gondole”, d’artistes que l’on veut vendre à tout prix. D’ailleurs, et cette étude est la première en France à le montrer, les “pirates” seraient prêts à payer, pour peu qu’on leur propose une offre vraiment équivalente ! Un message à faire passer aux fournisseurs d’accès.

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Céline Duguey

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