Du vent dans les pales

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juin 2009
Plusieurs parcs d’éoliennes offshore flottantes, produisant chacune 250 MW, trouveraient leur place au large de la Bretagne dans le cadre du projet Winflo.
© Winflo

Produire 1 000 MW à partir d’éoliennes flottantes au large de la Bretagne en 2020, c’est l’objectif du projet Winflo.

Une éolienne offshore ne peut être la réplique d’une éolienne terrestre. Les acteurs du projet breton Winflo se penchent actuellement sur la faisabilité scientifique et technique d’un parc éolien offshore flottant. Comment concevoir l’ancrage de ce type d’éolienne en pleine mer, assurer sa résistance aux conditions marines (salinité...) ainsi qu’un rendement conséquent (vents soutenus) et constant... ?
Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, ingénieurs, industriels et chercheurs se sont associés.
Le consortium allie des spécialistes de l’éolien (Nass&Wind), de l’ingénierie navale (DCNS), des plates-formes offshore (Saipem), des études environnementales  (In Vivo Environnement), du milieu marin (Ifremer), ou encore l’Ensieta. 

À proximité des ports

Ils espèrent relever le défi et mettre à l’eau un démonstrateur, proche de l’échelle1, produisant 2,5 à 3,5 MW d’ici 2011. Il devrait être testé en Bretagne, sur un site marin qui s’y prête en termes de conditions de vent, d’environnements naturel, écologique et d’usages. Les futurs parcs éoliens flottants devront être implantés à proximité d’infrastructures portuaires suffisamment importantes pour permettre l’assemblage, la mise à l’eau et la maintenance de ces monstres des mers d’un genre nouveau et “raccordées” pour pouvoir acheminer l’énergie produite vers la côte.
Le fait que ces éoliennes flottantes trouvent leur place au large, dans des zones de bas-fond (jusqu’à 150 m de profondeur), soit à 20 ou 25 km des côtes, offre quelques avantages : plus faible visibilité et moindres activités économiques.

1 000 emplois directs

Mais cela pose d’autres questions : installation, maintenance... Peter Nass, directeur général du groupe Nass&Wind, envisage la suite du projet avec pragmatisme, mais évoque déjà les emplois que pourrait générer l’existence de tels parcs, soit «1 000 emplois directs et 5 000 indirects». Pour se lancer dans de tels défis technologiques, mieux vaut voir loin…

Contrer la dépendance énergétique

«Il ne faut pas rater le coche », a insisté Isabelle Thomas, élue en charge des énergies au Conseil régional, lors du forum “Demain les énergies de la mer en Bretagne” qui s’est tenu à Lorient le 12 mai dernier. Le rapport “Des énergies marines en Bretagne : à nous de jouer”, publié en mars par le Conseil économique et social, va dans le même sens et dresse un panorama des enjeux mais aussi des défis à relever. Sachant que seuls 8% de l’énergie consommée par les Bretons sont produits sur le territoire régional.

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Michèle LE GOFF

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