Question de santé : les ondes sont sur écoute

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octobre 2009
© Photo Alto - Téo Lannié

Christian Person est chercheur à Télécom Bretagne(1) et membre du conseil scientifique de la fondation santé et radiofréquences.

Sciences Ouest : Quel est le rôle de la fondation santé et radiofréquences ?
Christian Person : La fondation finance des études scientifiques sur les interactions ondes-personnes. Elle a été créée en 2005 pour cinq ans, donc jusqu’à fin 2010, pour répondre aux interrogations du public et des scientifiques face à l’explosion des technologies mobiles. Différents ministères (Recherche, Éducation, Santé...) ainsi que les principaux opérateurs et équipementiers français ont apporté un capital initial de 4,8 millions d’euros. Le conseil scientifique est indépendant. Il définit les grands axes de recherche de la fondation, lance des appels à projets et sélectionne les propositions sur avis d’une expertise internationale.

SO : Quel genre de recherche soutenez-vous ?
CP : Nous finançons 26 projets sur des thèmes différents : modélisation, dosimétrie, mais aussi des sujets de sciences humaines et sociales comme la perception des ondes ou encore des études épidémiologiques. L’objectif est de communiquer les résultats à l’extérieur, vers le public comme vers les instances nationales et internationales. Nous exigeons, par exemple, que chaque projet fasse l’objet d’une publication dans une revue scientifique avec comité de lecture.

SO : Comment êtes-vous arrivé dans le comité scientifique de la fondation ?
CP : En tant que chercheur à Télécom Bretagne, je travaille depuis 1991 dans le domaine des télécommunications, pour mettre au point des instruments de mesure de champs mais aussi des antennes. J’ai déjà participé à des études épidémiologiques sur les interactions ondes-personnes et je suis expert technique auprès du Cofrac, une association en charge de l’accréditation des téléphones, pour vérifier notamment qu’ils ont un indice DAS réglementaire (lire ci-contre). Actuellement, je mène des projets pour le développement d’antennes pour les nouveaux standards de télécommunication, comme le Wimax, le Wi-Fi “ultra haut débit”. Et je travaille sur de nouvelles techniques pour mesurer l’indice DAS ; je fabrique des fantômes. Ce sont des “aquariums” munis de capteurs et remplis de liquides qui modélisent le comportement des tissus du cerveau humain que l’on expose aux ondes !

Ça vous chauffe les oreilles ?

Depuis 2003, les étiquettes des téléphones portables indiquent, à côté de l’autonomie et des fonctions en tout genre, un chiffre compris entre 0 et 2. C’est l’indice de Débit d’absorption spécifique DAS (ou SAR, en anglais). Il correspond à la quantité d’énergie absorbée par kilogramme de matière – ici le corps de la personne qui téléphone – par seconde. Il s’exprime en Watt/kg.

La recherche a pu déterminer la capacité du corps à absorber et diffuser l’énergie sous forme de chaleur, grâce à la circulation sanguine. En considérant cette capacité d’autorégulation de notre organisme, la limite du DAS a été fixée, en Europe, à 2 W/kg au niveau de la tête. Aux États-Unis, il est restreint à 1,6 W/kg.

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Céline Duguey

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