Comportements sous influence

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février 2010
© Nathalie Blanc
MENTION : Sébastien Meineri. Il est arrivé à Vannes, à l’Université de Bretagne sud (UBS), pour sa thèse, qu’il a soutenue en décembre 2009. Depuis, il est attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’UBS, dans l’attente d’un poste de maître de conférences en psychologie sociale. INTITULÉ DE LA THÈSE : Pied dans la porte (PDLP) et identification de l’action : expérimentations manipulant l’identification de la requête préparatoire dans le cadre du paradigme de PDLP.

Il a mis son expérience en psychologie sociale au service de l’étude de comportements proenvironnementaux.

Pour faire un geste pour l’environnement, accepteriez-vous de recevoir un technicien qui étudie votre consommation d’énergie ? La réponse à cette question variera en fonction de la sensibilité des personnes interrogées aux questions environnementales. Mais pas seulement. C’est ce qu’a montré Sébastien Meineri dans la thèse qu’il a réalisée au Laboratoire d’ergonomie des systèmes, traitement de l’information et comportement (Lestic) à l’université de Vannes.

Un projet pilote sur l’énergie

Cette étude sur la volonté des foyers à faire des économies d’énergie a été menée par une association de Bourgbarré (près de Rennes), le Clé, dans le cadre d’un projet européen pilote. « Je me suis chargé du recrutement des personnes », explique Sébastien Meineri. Comme souvent dans les expériences scientifiques, il a travaillé avec deux groupes. Un groupe témoin auquel il a posé directement la question au sujet du technicien, et un groupe test qui, avant d’être sollicité pour l’accueil du technicien, a d’abord répondu à un questionnaire de cinq minutes sur l’environnement. Résultats : le groupe sensibilisé par le questionnaire a répondu plus positivement que le groupe témoin à l’accueil du technicien.

Dans un autre cadre, Sébastien Meineri a utilisé le même principe pour inciter des étudiants de l’université de Nanterre à donner du temps pour une association de protection de l’environnement. Puis il a testé la généralisation de cette méthodologie dans un domaine différent de l’environnement, « dans une entreprise d’ingénierie navale de Lorient pour inciter les salariés à participer à une étude sur la dimension humaine. »

Ces expérimentations variées (il en a mené cinq au total) lui ont permis de tester différentes techniques engageantes, dont la théorie avait été énoncée la première fois en 1971 par un Américain et reprise en 1998 par deux chercheurs français. « J’ai pu montrer que cette technique est bien adaptée à l’étude des comportements normatifs, c’est-à-dire socialement valorisés », conclut le chercheur. 

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Nathalie Blanc

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