Elle s’attaque aux parois !

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février 2010
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MENTION : Pauline Peltier-Pain. Après un cursus à l’université d’Orléans, elle arrive à l’École nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) pour sa thèse, qu’elle soutient en novembre 2008. Elle est actuellement en postdoctorat à la School of Pharmacy de Madison, aux États-Unis. INTITULÉ DE LA THÈSE : Nucléotides-sucres furaniques : synthèses et activités anti-mycobactériennes.

Modifier la construction de la paroi des microorganismes : une nouvelle cible pour lutter contre la tuberculose.

C’est la maladie infectieuse la plus répandue dans le monde. La tuberculose est l’une des priorités de l’Organisation mondiale de la santé. « Cette maladie est bien connue, mais des souches résistantes aux médicaments actuels apparaissent. Il est nécessaire de développer de nouveaux antibiotiques. » Pauline Peltier-Pain, chimiste, explique pourquoi, naturellement, elle a choisi Mycobacterium tuberculosis, la bactérie responsable de ces ravages, pour ses travaux sur les nucléotides-sucres furaniques. « Ce sont des composés présents chez certains microorganismes, souvent pathogènes : protozoaires, champignons, bactéries... Ils sont indispensables à leur survie ! Par exemple, ils participent à la construction de la paroi de Mycobacterium tuberculosis. »

Un challenge difficile

Dans son laboratoire rennais, la chimiste a créé « des sucres de la même famille que ceux qui activent la fabrication des parois, mais légèrement modifiés. » Un challenge difficile. Avec son équipe, elle a même imaginé de nouvelles voies de synthèse pour y parvenir.

« Nous avons pu tester ces sucres artificiels sur des enzymes qui jouent un rôle dans la construction de la paroi, dans un laboratoire en Slovaquie. Nous avons constaté qu’en effet leur activité était modifiée, voire stoppée. » Principe de précaution oblige, les tests sur la bactérie elle-même doivent avoir lieu dans des laboratoires spécifiques. Pauline Peltier-Pain a donc envoyé une partie des composés qu’elle a synthétisés à l’Institut Pasteur, la fondation de recherche spécialisée dans les maladies infectieuses. « Les résultats étaient satisfaisants, mais pas assez efficaces pour concurrencer le marché actuel. Il faut encore affiner. » Reste qu’avoir identifié une nouvelle cible pour attaquer cette maladie est une avancée considérable, brevetée par l’équipe !

Des sucres contre le cancer

En janvier 2009, elle s’est envolée vers les États-Unis, pour rejoindre l’école de pharmacie de Madison en postdoctorat. « Je travaille toujours sur la chimie des sucres, avec des applications contre le cancer cette fois. »

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Céline Duguey

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