Quelle place pour la Bretagne ?

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février 2010
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MENTION : Yann Fournis Son cursus en science politique a commencé à Toulouse. Il s’est poursuivi à l’Université de Rennes1, où il a soutenu sa thèse, au Centre de recherches sur l’action politique en Europe, en décembre 2004. Il est actuellement professeur à l’université du Québec à Rimouski. INTITULÉ DE LA THÈSE : Les régionalismes en Bretagne : la région et l’État. Structures et dynamiques des répertoires d’action (1950-2000).

Pas assez visible sur le plan économique international, la Bretagne doit apprendre à gérer ses relations avec l’État.

Galice, Pays basque, Québec... Les régions à forte identité sont nombreuses de part le monde. La Bretagne ne ressemble à aucune d’entre elles. C’est ce qu’a montré Yann Fournis au cours de sa thèse. « Je me suis basé sur les théories modernes du régionalisme, qui veulent que les régions se concentrent plus sur leur développement économique que sur leur opposition à l’État. » L’Écosse et le pays de Galles, par exemple, ont obtenu une certaine reconnaissance de l’État et s’orientent vers une réussite sur le marché international. La Bretagne, très présente dans les années 70, « est un très bon cas parmi les régions françaises, mais elle n’est pas visible sur le plan mondial », poursuit Yann Fournis. Elle reste très attachée à l’État, qui a permis son développement par le passé, mais ne favorise pas l’émancipation des régions.

Un paradoxe breton

Le politiste a passé du temps auprès des différents acteurs de la région : élites du régionalisme, leaders des mouvements patronaux et culturels, élus locaux. Et surtout, auprès des chefs d’entreprises bretonnes, souvent issus du domaine de l’agroalimentaire « Jean-Jacques Hénaff, Michel Houdebine, dirigeants des sociétés éponymes, Joseph Le Bihan, créateur du club de réflexion l’Institut de Locarn... Le patronat est plus mobilisé ici qu’ailleurs. C’est là le paradoxe : le marché, les élus et la culture sont prêts à avancer, mais la mayonnaise ne prend pas ! » La problématique de la langue bretonne en est un symbole : la Région prône une politique de sauvegarde, les associations militent, mais la coordination manque pour faire avancer les projets. « Les choses changent, constate tout de même Yann Fournis en guise de conclusion, le régionalisme s’organise. On aperçoit les premiers morceaux d’un projet économique régional. » Aujourd’hui, il continue à travailler sur la mobilisation territoriale et les liaisons État-régions, mais dans les régions de l’est du Québec et en Acadie.

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Céline Duguey

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