Des capteurs suréquipés

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mars 2010
© Raphaël Baldos
Dans son laboratoire à Lannion, Jean-Marc Goujon développe des systèmes innovants de capteurs.

Les capteurs innovants mis au point à Lannion associent mesures de mouvement et paramètres physiologiques.

Chez les plus de 80 ans, la chute est un problème majeur : une personne sur deux est concernée. L’équipe Foton-Capt de l’Enssat de Lannion(1), animée par Jean-Marc Goujon, développe depuis plusieurs années des systèmes de capteurs permettant de prévenir et de détecter les faux pas de nos anciens. Le principe ? Capter et interpréter la physiologie des sujets (pression cardiaque, résistance électrique de la peau, température) en y associant des mesures de mouvement et d’énergie de choc.

Chute dangereuse ou fausse alarme ?

« L’idée est d’obtenir une interprétation fiable de la situation de la personne, explique Jean-Marc Goujon. Et de pouvoir déterminer, à distance, si elle a fait une chute dangereuse ou s’il s’agit d’une fausse alarme. C’est pourquoi nous cherchons à déterminer un indice de stress en mesurant le taux d’oxygène dans le sang, et peut-être la vitesse de ce dernier. » Luiz Poffo, l’un des chercheurs du projet, travaille à la réalisation d’un microvélocimètre à laser pour mesurer la vitesse du sang (lire ci-dessous). Parallèlement, une thèse est en cours pour combiner au bracelet des mesures posturales prises au niveau des pieds. La transmission des données pourra être assurée par ondes radio, via Internet ou le réseau GSM.

« Nous collaborons avec des médecins »

Cinq brevets ont déjà été déposés autour de ces capteurs. Certains d’entre eux ont été développés par la société Aphycare(2), qui après un démarrage commercial réussi auprès des maisons de retraite en 2006, a dû cesser son activité fin 2008 en raison de la crise financière. Les brevets sont donc à nouveau exploitables. Le projet se poursuit au sein de l’équipe de Foton-Enssat, qui travaille désormais au sein d’un consortium réunissant des universités (UBS-LimatB de Lorient, laboratoire de psychologie gériatrique de Bordeaux II), des services gériatriques hospitaliers (notamment Embrun, dans les Hautes-Alpes, et Lannion) et un partenaire industriel breton. « Nous collaborons étroitement avec des médecins pour le côté appliqué des recherches », souligne Jean-Marc Goujon. Le projet doit se dérouler sur quatre ans. Les phases antérieures ont bénéficié du soutien d’Oséo et « nous espérons un financement de l’ANR(3) cette année », ajoute-t-il. Leur ambition : aboutir à un produit commercialisable pour différentes applications de surveillance des personnes.

Mesurer la vitesse du sang avec un microvélocimètre

Le fonctionnement du vélocimètre à laser repose sur une technique optique qui consiste à éclairer des particules - ici de sang - par un faisceau laser. La fréquence de l’onde électromagnétique du laser étant connue à l’avance, les particules éclairées vont diffuser cette onde avec une fréquence différente, mesurée et comparée avec l’onde d’origine. La différence de fréquence permet de déterminer la vitesse du fluide. C’est le principe de l’effet Doppler.

Le gros avantage de ce capteur est qu’il se trouve à l’extérieur du flux mesuré. Il ne perturbe donc pas la mesure et, surtout, il n’est pas intrusif. L’originalité des travaux de Luiz Poffo, effectués à Lannion dans l’équipe de Jean-Marc Goujon (lire ci-dessus), vient de la miniaturisation de la technologie et de son intégration, ave d’autres capteurs, dans un bracelet.

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Raphaël Baldos

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