En direct des fonds marins

Du matériel français sera immergé près des côtes canadiennes, dans le plus grand observatoire sous-marin au monde.

C’est le plus grand observatoire sous-marin au monde. Situé à l’ouest de l’île de Vancouver, il se présente sous la forme d’une boucle de 800km de câble avec cinq nœuds disposés sur cinq sites caractéristiques(1). Grâce à Neptune Canada(2), les chercheurs vont couvrir des champs scientifiques variés : sismologie et tectonique, chimie des fluides sous-marins, cycle marin du dioxyde de carbone et du méthane en liaison avec le changement climatique, écosystèmes profonds, ingénierie...

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janvier 2010

Près d’une source hydrothermale

Mise au point au centre Ifremer de Brest, la plate-forme Tempo Mini sera installée à 2300m de profondeur, près d’une source hydrothermale. Caméra vidéo HD, sondes de température, capteur d’oxygène dissous, analyseur chimique temps réel (Fer)... enregistreront l’activité autour de cette zone de l’extrême. Avec l’autre appareil brestois, un piézomètre chargé de mesurer la pression interstitielle dans le sédiment et de détecter, sur un autre site, d’éventuelles liaisons avec l’activité sismique, Tempo Mini devrait être installée définitivement vers la fin de l’année 2010.

L’équipe brestoise est impliquée dans d’autres projets d’observatoires sous-marins, menés à l’échelle européenne(3). « Notre participation à Neptune Canada nous permet de travailler sur la compatibilité et l’interopérabilité entre les systèmes européens et nord-américains », explique Yves Auffret, responsable du groupe électronique et informatique instrumentale, qui a passé plus d’un an au Canada sur le projet Neptune. Onze observatoires sont prévus en Europe, notamment en mer de Marmara(4). « Ces observatoires révolutionnent l’accès aux données ! Avant, le seul moyen d’en récupérer était les campagnes océanographiques et les plongées avec les sous-marins autonomes. Mais cela se programme deux à trois ans à l’avance et les chercheurs attendent parfois plusieurs mois avant d’avoir accès aux données qu’ils ont récoltées. Là, ils en disposent en temps réel. C’est un peu le prolongement d’Internet sous la mer ! »

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Nathalie Blanc

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