Un observatoire tout neuf

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janvier 2010
L’observatoire AgrHys est composé de deux bassins versants agricoles intensifs : Kervidy (un sous-bassin du Blavet) et Kerbernez (l’Odet). 1 - Contour du bassin versant de Kervidy (4,5km2) avec la position des piézomètres - mesures du niveau de la nappe phréatique - de la station météo (Le Toullo) et de l’exutoire. 2 - Les teneurs en azote sont mesurées sous forme de nitrate dans l’eau, comme ici à l’exutoire, et sous forme de gaz ammoniac dans l’air. 3 -Chronique des teneurs journalières en nitrates (vert) et des débits moyens journaliers (en noir) sur 9 ans. Avec 90mg/l, le bassin versant de Kervidy, très intensif, se situe bien au-dessus de la moyenne bretonne de 30mg/l en 2007. 4 - Des capteurs passifs mesurent la teneur en ammoniac émis dans l’atmosphère pendant une semaine sur une trentaine de parcelles représentatives du bassin versant, ici dans un champ. 5 - Les capteurs actifs aspirent l’air (par l’entonnoir blanc). Ils donnent un bilan journalier très précis des émissions d’ammoniac dans l’air.
© (1) IGN / © ( 2-5) Philippe Merot

Une fédération de recherche rennaise a récemment acquis le statut officiel d’observatoire des sciences de l’Univers.

L’Université de Rennes 1 compte une nouvelle composante : l’Observatoire des sciences de l’Univers de Rennes, l’Osur, a été créé officiellement en octobre 2009. Il n’y a pourtant pas de nouveau bâtiment sur le campus de Beaulieu, car la création de l’Osur officialise les savoir-faire et les compétences qui existaient déjà au sein de la fédération de recherche Caren (Centre armoricain de recherches en environnement). « Si nous avons acquis ce statut, c’est parce que nous fonctionnions déjà comme un observatoire, explique Philippe Davy, son directeur. Nous réalisons depuis plusieurs années différentes tâches d’observation pour d’autres stuctures : en sismologie, géodésie, vulcanologie pour ce qui est des sciences de la Terre ; mais nous sommes surtout coordonnateurs de AgrHys et H+, deux observatoires labellisés ORE(1) en 2000 par le ministère dans le domaine de l’environnement, et des zones ateliers “Pleine-Fougères” et “Antarctique”. »

Des paramètres suivis depuis 20 ans

Avec H+, les chercheurs mesurent et modélisent la circulation de l’eau dans les aquifères complexes comme ceux que l’on trouve dans le socle fracturé breton(2). Grâce au réseau AgrHys, ils suivent en continu la qualité des eaux de surface dans deux bassins versants agricoles intensifs en Bretagne.

« Certains paramètres sont suivis depuis plus de 20 ans car AgrHys a été créé en 1976 par le Cemagref(3) pour étudier l’impact du remembrement et de l’arasement des haies, précise Philippe Merot, son coordonnateur. L’Inra a repris le flambeau en 2000 avec un objectif un peu différent. » (Voir illustrations ci-dessus).

« Dans le cadre de l’Osur, nous réfléchissons déjà à de nouveaux services, poursuit Philippe Davy. Nous aimerions nous rapprocher de l’IUEM, à Brest et de l’Osuna, à Nantes, pour développer un ou plusieurs systèmes d’observation sur le littoral ; et aussi un observatoire de l’écologie urbaine. Car nous disposons de données intéressantes de suivi de paramètres écologiques et climatiques à l’intérieur de Rennes, prises par nos collègues écologistes et géographes. » L’Osur partage cette particularité avec l’IUEM : c’est un observatoire qui touche à tout !

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Nathalie Blanc

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