Les protégés de l’archipel de molène

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juillet 2010
Le phoque gris est un formidable indicateur de la santé de l’écosystème marin. Il se nourrit essentiellement de poissons et en consomme environ 5kg par jour !
© Arnaud Guérin – Lithosphère

Le phoque gris est sous la surveillance des professionnels du parc marin d’Iroise et des biologistes d’Océanopolis.

L’archipel de Molène abrite la colonie la plus méridionale des phoques gris de l’océan Atlantique. Une centaine d’individus au maximum y séjournent chaque année. Le Parc naturel marin d’Iroise, créé en 2007, est chargé de leur protection. « Nous avons une mission de préservation et de conservation des mammifères marins. Le phoque gris fait partie des espèces quasi menacées », explique Cécile Lefeuvre, chargée de mission habitats et espèces protégées.

Le parc marin vise donc à assurer le maintien de cette colonie de phoques gris, en assurant, entre autres, leur accès à des “reposoirs” (platiers, roches, îlots, îles) et en limitant leur dérangement. Le suivi de la colonie se fait par des recensements avec l’aide du Laboratoire d’étude des mammifères marins (Lemm) d’Océanopolis. « Nous réalisons, aussi, leur identification grâce à des photographies de leur tête, très différente d’un individu à l’autre à cause des taches », indique son responsable, Sami Hassani. Les clichés de face et de profil permettent d’identifier les habitués et d’inscrire les nouveaux venus dans le catalogue de la colonie.

Plus d’une centaine d’individus fréquentent les îles et les îlots de l’archipel de Molène, au large de Brest. C’est la plus importante colonie des côtes de France. Les phoques gris muent, en automne et en hiver.
© Arnaud Guérin - Lithosphère

Pilleurs de filets de pêche

L’équipe d’Océanopolis coordonne aussi le réseau régional d’échouage, qui, chaque année, recueille une moyenne de vingt phoques gris, perdus, épuisés et parfois blessés. « Dès le sevrage, en automne, le jeune se retrouve seul et doit apprendre à chasser par lui-même dans des conditions météo souvent peu favorables », souligne le biologiste. Il arrive que ces jeunes, mais aussi des adultes, soient attirés par les filets de pêche, remplis de poissons, ce qui entraîne parfois d’importants dégâts et des pertes pour les pêcheurs. Pour comprendre le phénomène de ces pillages et y remédier, une étude réunissant des biologistes d’Océanopolis, des généticiens moléculaires de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), des ethnologues du Muséum d’histoire naturelle et de l’UBO ainsi que la Confédération des comités des pêches sera lancée en 2011.

« L’ambition est de parvenir, au terme de trois ans d’enquête, à établir un diagnostic partagé entre les chercheurs et les pêcheurs pour initier une dynamique positive », espère Cécile Lefeuvre. 

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Raphaël Baldos

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