Cap sur l’e-navigation

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octobre 2010
Aujourd’hui le littoral français est équipé de 6400 phares et bouées dont 3300 sont actifs.
© Didier Doussin

Les bouées flottant au large des côtes françaises seront supervisées par une entreprise bretonne.

Kannad a remporté fin septembre l’appel d’offres lancé par le Centre d’études techniques maritimes et fluviales (Cetmef) attaché à la direction des Affaires maritimes, avec son système de supervision de balises communicantes. En 2009 l’entreprise basée à Guidel (56) avait déjà remporté un appel d’offres pour les balises elles-mêmes.

Supervision maritime

« Équipées de balises communicantes, les bouées sont capables de fournir, aux bateaux et aux autorités de balisage, des informations sur leur position et leur état, par la technologie sans fil AIS : Automatic Identification System », explique Jean-Pierre Bardon, président de Kannad. Les messages transitent par radio numérique. Ce système est déjà déployé sur les bateaux de commerce pour indiquer leur position et leur trajectoire, notamment aux organismes de contrôle du trafic maritime (Cross(1)...). Les bateaux équipés de récepteurs AIS reçoivent l’information communiquée par la balise, directement sur leur écran de navigation. « Les balises et phares actuels ne donnent qu’une information visuelle, passive. Ce nouveau système est beaucoup plus dynamique et informatif », souligne Pierre-Yves Martin chef du groupe radionavigation et télécommunications pour les balisages au Cetmef.

Le transpondeur équipant les bouées mesure moins de 17 cm de diamètre et pèse environ 1 kg.
© Kannad

De nouveaux services

De plus, cela crée un maillage sur l’eau : les bouées communiquent, via les balises, avec les bateaux et les autorités mais aussi entre elles. Un système de supervision, développé par Kannad, permet aussi de faire circuler de l’information en sens inverse, de la terre vers les bouées, pour effectuer des contrôles à distance : demander à un équipement de communiquer plus fréquemment sa position, par exemple, ou, à un instant donné, l’état de sa batterie.

Pour les professionnels de la signalisation et de la sécurité en mer, il s’agit globalement d’évoluer vers un nouveau réseau de communication maritime : “l’e-navigation”. La super-vision permet d’envisager « de nouveaux services, souligne Pierre-Yves Martin du Cetmef, comme le marquage d’une zone de pollution, d’une épave dérivante, la délimitation d’une zone de manifestation nautique... » Ou lorsque le balisage physique n’est pas possible, pour des raisons techniques ou financières. La supervision du réseau de bouées balisées sera opérationnelle en 2011.

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Michèle Le Goff

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