Les écosystèmes des extrêmes

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octobre 2010
© Ifremer-Nautile/Campagne Big 2010

Des océanographes comparent les écosystèmes des zones d’émissions de fluides chauds et froids.

Au fond de l’océan, au large du Mexique, les entrailles de la Terre soufflent le chaud et le froid. Quelques dizaines de kilomètres à peine séparent les sources hydrothermales, d’où jaillissent des fluides à 400° C, des zones d’émissions de fluides froids, provenant de la dégradation de la matière organique en profondeur. Une proximité rare, dont ont profité les scientifiques de la mission Big, coordonnée par des laboratoires bretons(1), pour entamer une étude comparée.

Pendant 40 jours, cet été, le navire océanographique Atalante a sillonné le bassin de Guaymas, dans le golfe de Californie, pour récolter des échantillons et prendre des mesures : température, oxygène, pH... Sur les deux sites, les sédiments du sol sont parfois recouverts de tapis microbiens pouvant atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur. « Nous ne savons pas encore s’ils sont composés des mêmes microorganismes, analyse Anne Godfroy, responsable de la mission, mais il est probable qu’ils remplissent le même rôle, comme absorber l’hydrogène sulfuré contenu dans les fluides dégagés. » Des vers et des mollusques, appartenant à des espèces proches, ont également élu domicile aussi bien dans le chaud (voir photo) que dans le froid. « Ces deux écosystèmes reposent sur les microorganismes, capables de créer de la matière organique, premier maillon de la chaîne alimentaire. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est de comprendre en détail comment chacun fonctionne. » Les analyses des échantillons ne font que commencer.

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Renseignements

Anne Godfroy
Tél. 02 98 22 45 29
anne.godfroy@ifremer.fr

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