Portraits

© Céline Duguey
David Val-Laillet
Éthologue et neurobiologiste
Il est un des “1000 chercheurs parlent d’avenir ”, photographiés par Pierre Maraval, dont les portaits seront projetés sur le Panthéon lors de la Fête de la science, du 18 au 24 octobre.
« J’étudie les mécanismes de l’obésité sur des miniporcs »
David Val-Laillet est chargé de recherche dans l’unité système d’élevage, nutrition animale et humaine au centre Inra de Saint-Gilles (35).

 

Je cherche à comprendre comment nos comportements alimentaires : ce que nous mangeons, à quelle heure, nos aversions et nos préférences pour certains aliments se traduisent au niveau neurobiologique. Je travaille avec un modèle animal : les miniporcs faciles à manipuler car ils ne dépassent pas 50 kg à l’âge adulte. Avec l’équipe, nous avons montré qu’ils constituaient un excellent modèle pour étudier l’obésité. En les soumettant à un régime proche de notre “malbouffe”, nous avons constaté qu’ils développaient les mêmes habitudes de grignotage que l’homme et qu’ils devenaient obèses. Surtout, leur organisme devient résistant à l’insuline, l’une des conditions préalables au diabète de type 2, qui touche nombre de personnes obèses. Nous venons également de terminer une étude sur le métabolisme cérébral des miniporcs. Lorsqu’ils sont obèses, certaines parties de leur cerveau sont désactivées : le centre de la récompense et le cortex préfrontal qui gèrent les émotions, le plaisir... Exactement comme ce qui a été mesuré chez l’homme ces dix dernières années !

L’objectif de mes recherches est de mieux décrire les troubles alimentaires, et de trouver des solutions médicales. Nous avons déjà mis au point un stimulateur vagal. Installé sous la peau des cochons, cet instrument envoie des signaux électriques au nerf vague, qui relie l’estomac au cerveau, pour donner une sensation de satiété. Cette méthode permet de modifier les comportements alimentaires, de diminuer la consommation d’aliments et la prise de poids. Brevetée en 2008, elle a fait l’objet d’une publication en juin dernier. Aujourd’hui nous travaillons avec des industriels et des médecins en vue d’une application à l’homme, d’ici deux à trois ans. »

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Propos recueillis par
Céline Duguey

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