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Sophie Arnaud-Haond
Biologiste
Elle a publié en octobre des travaux sur la préservation des ressources génétiques marines, en collaboration avec des chercheurs de l’université des îles Baléares.

« J’étudie les dynamiques spatiales des organismes marins »

Sophie Arnaud-Haond est chercheur au département Étude des écosystèmes profonds à l’Ifremer de Brest.

 

Je travaille sur les organismes marins, des animaux aux algues. Je cherche à comprendre comment différentes populations d’une même espèce sont connectées entre elles. Pour repérer la diversité des individus, et suivre les populations, j’analyse des marqueurs génétiques. Ce sont des séquences d’ADN bien précises. Certaines me servent à identifier les espèces, d’autres à retracer les échanges. Je peux ainsi voir qu’un individu a migré d’un groupe vers un autre et transmis ses gènes à son arrivée. Ces études permettent de préparer l’implantation des Aires marines protégées (AMP), en prévoyant la distance maximale entre deux zones, pour assurer la pérennité des migrations. J’ai aussi été amenée à regarder de plus près notre usage des ressources dites d’intérêt halieutique, celles qui nous sont utiles, pour notre alimentation, ou pour d’autres utilisations, comme la nacre des huîtres perlières de Polynésie.

Dans l’océan, tout va très vite. Il nous a fallu 10000 ans pour domestiquer l’ensemble des espèces terrestres que nous utilisons aujourd’hui, et seulement une centaine d’années pour les espèces marines. Aujourd’hui, l’essor des biotechnologies marines va dans ce sens, nous sommes à la veille d’une révolution bleue ! Et ce n’est pas en contradiction avec le développement des AMP, car les biotechnologies utilisent la mer pour identifier des molécules mais cherchent ensuite à les synthétiser en laboratoire, sans consommer la ressource. Le problème se situe plutôt là où il n’y a pas de réglementation, en dehors des zones économiques exclusives de chaque pays. »

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Propos recueillis par
Céline Duguey

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