Comment bougeons-nous ?

Nous nous déplaçons plus qu’avant : de 25 kilomètres par jour et par personne en 1975, nous sommes passés à 40kilomètres aujourd’hui. La première raison vient de la ville qui n’en finit pas de s’étaler(1). Les logements se retrouvent en périphérie, tout comme les entreprises, confrontées au même problème que les habitants : trouver de la place à des prix raisonnables. 

La course à la mobilité vient aussi des changements dans l’organisation du travail : « Les horaires décalés, les temps partiels, les plannings glissants, la multiplication des CDD, qui empêchent les gens d’anticiper l’emplacement de leur logement par rapport à leur lieu de travail... Tout cela rend aujourd’hui l’adéquation travail/vie privée/trajet compliquée, explique Éric Le Breton, sociologue, spécialiste de la mobilité à l’Université Rennes 2(2). Les bassins d’emplois se sont aussi considérablement agrandis. Celui du nord de la France va de Lille à Beauvais, plus au sud, il faut être prêt à aller de Lyon à Grenoble et Annecy et de Nice, à Marseille et Toulon. »

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décembre 2010

Bref, ça bouge beaucoup et pour tout le monde : toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées. Même les cadres, mais ils sont par contre mieux armés pour faire face à ce phénomène. « Pour bouger, il faut savoir modéliser l’espace, anticiper… Cela fait partie de la socialisation. Souvenez-vous de la première fois où vous êtes arrivé dans un aéroport international, cela n’a pas dû être évident..., poursuit le chercheur. Concernant des moyens innovants, comme le covoiturage ou l’auto-partage, ils ne rencontrent pas encore un franc succès car les systèmes sont émiettés, peu visibles... Prenez les parkings de covoiturage, par exemple, on ne peut pas dire qu’ils soient accueillants. Il faut communiquer et surtout inciter les gens ! » Bouger, cela s’apprend.

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Nathalie Blanc

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