Elle vibre pour le verre

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janvier 2011
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Cette “goutte” de verre va être étirée pour donner naissance à une fibre optique.

Virginie Nazabal a reçu la médaille de bronze du CNRS en septembre dernier. Elle parle de sa passion pour la chimie.

«Ce fut une surprise », assure Virginie Nazabal. À 37 ans, elle a obtenu la médaille de bronze du CNRS pour son parcours scientifique et ses recherches dans le domaine de la chimie des matériaux. « Il faut savoir qu’on ne postule pas pour une médaille CNRS. Aussi, c’est avec un joyeux étonnement que j’ai appris ma nomination en octobre 2009 et cette proposition s’est concrétisée officiellement en septembre 2010 », dit-elle en souriant.

Elle veut bien confier que, major de son DEA chimie du solide et science des matériaux à Bordeaux, elle s’était sans doute déjà fait remarquer à cette époque. « Mais jusqu’en master, ce que je voulais c’était enseigner les sciences physiques. J’ai fait un magistère en chimie à Paris dans ce but. » Et si Virginie connaissait déjà bien les laboratoires de recherche pour y passer une partie de ses vacances d’été en stage bénévole, elle craque définitivement pour la paillasse, les éprouvettes et la recherche à l’issue de ce magistère.

Doctorat à Bordeaux, postdoctorat au Japon, elle est nommée chargée de recherche du CNRS à l’Université de Rennes1, en octobre 2001, dans ce qui est aujourd’hui l’équipe Verres et céramiques de l’unité Sciences chimiques de Rennes(1). Cet environnement de recherche, à la pointe dans le domaine des matériaux vitreux inorganiques fonctionnels, n’est pas étranger à l’obtention de la médaille. « Cela compte, tout comme la dissémination des résultats au travers des publications ou lors de participation à des congrès, la mobilité géographique, les collaborations nationales et internationales... »

Qu’est-ce que cette médaille va changer dans sa vie ? « Sans doute pas grand-chose au quotidien sinon le sentiment d’une certaine reconnaissance de notre travail par nos pairs, quelques invitations dans des instances scientifiques ou une sollicitation modeste des médias permettant de faire connaître et comprendre la thématique sur laquelle je travaille. Financièrement pas de retombées directes pour le laboratoire, ni d’accompagnement pour encourager ma recherche. » Ce qui la fait avancer c’est le sentiment de pouvoir peut-être contribuer à une meilleure connaissance de l’interaction rayonnement matière amorphe et à une maîtrise de la mise en forme des verres sous forme de couche mince. « Et tout le plaisir de ce métier réside dans le travail en équipe, les échanges internationaux et intergénérationnels, qui vont au-delà du travail scientifique ; c’est un enrichissement culturel et humain permanent. »

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Christelle Garreau

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