La Bretagne se positionne dans les investissements d’avenir

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février 2011
Par leur alliance, les régions Bretagne et Pays de la Loire s’appuient sur un potentiel de près de 5 000 Équivalents temps plein (ETP) chercheurs (C) et enseignants-chercheurs (EC) au sein de laboratoires classés A et A+ par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.
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Depuis juin 2010, les régions Bretagne et Pays de la Loire préparent ensemble la création d’une initiative d’excellence pour accroître leur visibilité et décrocher un financement lié aux investissements d’avenir.

Le résultat date du 20 janvier dernier : la Bretagne a décroché 4 des 52 Équipements d’excellence (Équipex) choisis, lors d’une première vague de sélection, par le ministère de la Recherche. Deux dans le domaine des sciences de l’environnement : les 15 plates-formes du dispositif Iaoos (5,3M€) flotteront dans l’océan Arctique pour suivre, en continu et en temps réel, les caractéristiques physiques de l’océan et de l’atmosphère ; alors que Naos (8M€), coordonnée depuis Brest, sera la contribution française au réseau international Argo de 3000 flotteurs disséminés sur tout le globe pour mesurer la température et la salinité de l’océan, de la surface jusqu’à 2000m de profondeur. Dans les sciences informatiques, Robotex (10,5M€) propose la création d’un réseau national de 15 laboratoires autour de la robotique (humanoïde, médicale, mobile, micro et nanorobotique et de production). La Bretagne apportera enfin sa contribution au projet Fit (5,8M€), un réseau national matériel et logiciel destiné à tester les technologies futures de l’Internet.

Le 25 janvier, la région apprend encore que la zone au nord de Saint-Brieuc a été retenue par l’État parmi une dizaine comme plate-forme d’exploitation de l’éolien off shore posé, alors qu’elle se positionne également pour l’éolien flottant (lire encadré ci-dessous).

Des résultats comme ceux-là, la Bretagne espère en voir tomber encore, jusqu’au mois de juin prochain. Ils sont issus des résultats d’appels à projets lancés pour décrocher des financements liés à l’Investissement d’avenir (IA). Certains pouvant atteindre 1 milliard d’euros.

Rivaliser avec les meilleurs

Comme les autres régions, la Bretagne souhaite peser dans le paysage de la recherche et de l’innovation françaises et rivaliser avec les meilleures universités mondiales. Mais le trajet est jalonné d’étapes et les candidats sont nombreux ! Directrice projet “Investissements d’avenir du Grand emprunt national” au Conseil régional de Bretagne, Annie Audic nous guide dans les arcanes des acronymes. « Le Grand emprunt, c’est compliqué : c’est plus de trente-sept tiroirs ! Ce qu’il faut retenir, c’est que l’État souhaite soutenir une dizaine d’Initiatives d’excellence (Idex) réparties sur le territoire. Chaque Idex devra être composée de sous-ensembles répondant à des critères précis : des Laboratoires d’excellence (Labex), des Instituts de recherche technologique (IRT et/ou Institut des énergies décarbonées : IEED) en lien avec un pôle de compétitivité mondiale ou à vocation mondiale, un Institut hospitalo-universitaire (IHU), une Société d’accélération de transfert de technologie (Satt), des Équipements d’excellence (Équipex)... », explique-t-elle.

La Bretagne ne part pas de rien. Elle dispose déjà d’établissements et d’équipements structurés et transversaux. L’Université européenne de Bretagne (Pres UEB) a, par exemple, été créée en 2007 pour donner de la visibilité aux différents pôles de recherche et d’enseignement bretons ; le service Bretagne Valorisation mutualise depuis 2006 la valorisation de la recherche issue des quatre universités et de quatre grandes écoles bretonnes et s’apprête à devenir interrégional(1) ; labellisés en 2005, les trois pôles de compétitivité (Images et Réseaux, le Pôle Mer Bretagne et Valorial : l’aliment demain) favorisent les projets qui associent des PME et des organismes de recherche locaux.

Cependant, pour mettre le maximum de chances de son côté et prétendre décrocher une Idex, la Bretagne s’est rapprochée de sa voisine : la région Pays de la Loire, avec laquelle elle mène déjà des projets transrégionaux : BiogenOuest, les Gis(2) Matériaux et Bretel (sur les satellites), ou encore Agrocampus Ouest pour la recherche et l’enseignement en agriculture et agronomie.

Cinq thématiques phares

Les deux régions ont décidé de rassembler leurs forces en présentant une Idex, baptisée IC Ouest (Campus d’innovation Ouest) et de la structurer autour de cinq thèmes : la mer - la santé - les technologies de l’information et de la communication (Tic) - les matériaux - l’agriculture, l’agronomie et l’environnement. 51 acteurs sont déjà impliqués et plus de 60 actions ont été proposées (voir carte). Il faut patienter jusqu’au mois de juin pour connaître le résultat final.

Ça baigne pour la Bretagne !

Élus, industriels et pêcheurs ont présenté, le 4 janvier dernier à Lorient, leur candidature pour le site national d’essai d’éoliennes flottantes au large de Groix.

Ce site est candidat au même titre que deux autres sites nationaux, l’un en Pays de la Loire et l’autre en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les acteurs vont devoir patienter encore plusieurs mois avant de connaître la décision de l’État.

La société morbihannaise Nass&Wind est la première à espérer un feu vert pour la Bretagne. Elle fera, de toute façon, partie des entreprises qui bénéficieront du site, quel qu’il soit, pour expérimenter son prototype d’éolienne flottante Winflo(3).

Le président de la Région, Jean-Yves Le Drian, ne cache pas son espoir de voir l’État choisir Brest pour l’implantation du futur Institut des énergies décarbonées (IEED). Le même de rappeler que le territoire se prépare déjà à accueillir des hydroliennes en test à Bréhat (en juin). Alors que la zone au nord de Saint-Brieuc vient d’être retenue pour l’appel d’offres sur l’éolien off shore posé.

Michèle Le Goff

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Nathalie Blanc

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