Réglementation : suivez le guide

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février 2011
La conduite d’un élevage de porcs, sur sol plein, en caillebotis, recouvert ou non de litère... a une influence directe sur les émissions d’ammoniac.
© Christophe Maitre-Inra

Un guide des bonnes pratiques vient de sortir. Pour aider les éleveurs à suivre les nombreuses réglementations.

Il est sorti à la fin de 2010 à l’occasion du colloque du RMT(1) élevage environnement : fruit de trois années de travail entre experts, le guide vert des bonnes pratiques environnementales d’élevage(2) s’adresse aux éleveurs de bovins, de porcs et de volailles. Il est organisé sous la forme de fiches thématiques, souvent illustrées par des schémas et des photos, et les impacts visés : réduction des émissions, réduction de la consommation d’énergie... sont clairement mis en évidence. La filière porcine est peut-être la plus concernée.

Dans le collimateur de l’Europe

« Nous avons commencé à y travailler quand nous participions à la révision d’un texte sur l’élevage liée à la directive européenne sur la réduction des émissions d’ammoniac, en vigueur depuis 2007, explique Nadine Guingand, ingénieur d’études à l’Institut du porc (Ifip). Car, quand il est question d’ammoniac, les porcs et les volailles sont en ligne de mire ! En effet, il est plus facile de maîtriser les effluents dans ces filières qui sont conduites en bâtiment. Mais il faut savoir que les bovins en rejettent aussi. »

Une autre directive sur la diminution de l’eutrophisation est aussi en cours d’élargissement. L’ammoniac est vraiment dans le collimateur de l’Union européenne ! Mais les réglementations concernent aussi les gaz à effet de serre, la consommation d’énergie... Et finissent par constituer une pression pour les éleveurs.

Les zones de cultures n’ont pas la culture

La réduction des rejets ne demande pas forcément des équipements très sophistiqués : cela peut passer par une meilleure gestion de l’alimentation des animaux ou encore par la couverture des fosses à lisier. La pose d’une couverture permet, par exemple, de réduire les émissions d’ammoniac de 70 à 90% tout en agissant aussi sur les odeurs. Mais cela coûte cher (seuil de rentabilité supérieur à 10 ans).

D’un autre côté, exporter du lisier vers des zones de cultures serait une catastrophe du point de vue du bilan carbone (le lisier de porcs est essentiellement composé d’eau !) ; les éleveurs n’ont d’autre choix que de le traiter. Avec des équipements qui les obligent souvent à se regrouper pour y arriver. « L’idéal serait que le lisier soit produit à proximité des zones de grandes cultures, mais les porcs souffrent d’une image négative qui fait qu’il est aujourd’hui difficilement envisageable d’implanter les élevages ailleurs qu’en Bretagne, dans des régions qui n’ont pas cette culture », complète Nadine Guingand. Quand l’acceptation sociale se mêle aux réglementations...

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Nathalie Blanc

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