Le sable attend son musée

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juillet 2011
L’association Musée du sable va à la rencontre du public.
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Aux Sables-d’Olonne, une association milite depuis 1989 pour la création d’un musée. Qu’elle souhaite bâtir sur du sable !

Plus de 23000 échantillons de sables différents du monde entier, des empreintes de mains des plus grands skippers, de magnifiques et surprenantes photos de grains de sables... On imagine facilement ce que sera le futur Musée du sable aux Sables-d’Olonne, en Vendée. Ouverture prévue ? Jean-Claude Daniel sourit quand on l’interroge. « Nous sommes à 70% du financement nécessaire à sa construction et à la réalisation du travail de muséographie. » Les études de faisabilité sont terminées, le terrain choisi et les collections prêtes à y être transportées, mais le professeur des sciences de la vie et de la terre à la retraite, Breton pugnace et têtu et président de l’association qui milite pour sa création depuis 1989, devra encore patienter. Il sait aussi pouvoir compter sur le monde de la recherche et de l’université. Géologues et physiciens de renom sont, comme lui, convaincus de l’intérêt d’un tel musée.

Un projet accompagné par les scientifiques

Ainsi l’Institut de physique de Rennes suit de près l’évolution du projet. Le futur musée est aussi doté d’un conseil scientifique, au départ parrainé par le Prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes et aujourd’hui présidé par Étienne Guyon, professeur à l’École supérieure de physique et de chimie, spécialisé dans l’étude des milieux granulaires, et renommé pour ses travaux sur les phénomènes de chaos et de turbulence. En attendant l’ouverture (en 2013), l’association Musée du sable ne s’enlise pas pour autant dans les sables mouvants. Fer de lance de la Fête de la science en Vendée, elle s’active sur plusieurs fronts. Dorine Charrier, sa jeune et dynamique coordinatrice permanente est sur le pont toute l’année. Chaque jour (ou presque), elle reçoit des échantillons de sable. De toute la planète. Souvent par la poste. Ou apportés directement à son bureau, comme ce matin pendant notre entretien, par une Sablaise de retour de voyage. Dorine Charrier complète une fiche de renseignements, précise l’origine du sable et même l’heure et le jour où il a été recueilli, avant de l’étiqueter et de le classer. Un travail de fourmi dont on mesure l’ampleur en visitant les réserves. Impressionnant !

La plus belle collection au monde

En lisant les noms sur les petites bouteilles remplies de sable, on s’évade. De l’île de Groix aux Seychelles. Des Émirats arabes à Hawaï... « Nous possédons sans doute l’une des plus belles collections au monde, mais c’est sans compter avec celles que d’autres collectionneurs ont promis de nous léguer quand le musée ouvrira », confie-t-elle. Faute de pouvoir accueillir les visiteurs, l’association va à leur rencontre tout au long de l’année grâce, à des animations dans les écoles et collèges de la région. « C’est fou tout ce qu’on peut raconter ou faire à partir d’une poignée de sable. » Cet été, Dorine et son équipe de “bénévoles actifs” animeront des départs de course à la voile, des matinées pour enfants dans les campings, les villages de vacances... « Nous organisons aussi deux grandes journées sur la plage du Tanchet à Château-d’Olonne les 21 juillet et 19 août pour le grand public, petits et grands. » Ces jours-là, nous serons invités à découvrir les trésors cachés dans le sable sur lequel, aux beaux jours, nous aimons nous dorer au soleil.
 

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Yvon Lechevestrier

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