Une histoire de morphologie

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juillet 2011
© Estournes-Guillocheau-Menier

Des différences invisibles à l’œil nu permettent de classer les grains de sable et de remonter jusqu’à leurs origines.

Vus au Microscope électronique à balayage (Meb), les grains révèlent de grandes différences. On distingue trois grandes familles : les grains d’origine glaciaire sont anguleux et présentent des stries caractéristiques de l’usure de la roche sous le glacier. D’origine marine, ils sont plutôt émoussés et luisants. Dans cette catégorie, il est même possible de distinguer les grains du littoral, qui comportent de nombreuses traces de chocs dus à l’action des vagues, des grains qui restent sur le fond. Ceux qui ont été transportés par le vent - les éoliens - sont ronds et mats, un peu comme une voiture après une tempête de sable ! Et les grains qui ne peuvent rentrer dans aucun de ces trois groupes sont normalement d’origine fluviatile. « Les images produites par le Meb sont très spectaculaires, explique François Guillocheau, sédimentologue au laboratoire Géosciences, à l’Osur(1). Les exploitants tels que Lafarge nous demandent souvent notre expertise pour caractériser un sable. Ce fut, par exemple, le cas pendant le Permis exclusif de recherche au large de Lorient de 2004 à 2009. Mais la technique n’est plus trop utilisée en recherche. » Aujourd’hui, les chercheurs réalisent des carottages, utilisent l’imagerie acoustique, qui leur donne des cartes de la surface du fond des océans, comparent des figures de structures sédimentaires : des traces trouvées sur des falaises, ou dans des carrières semblables à celles des fonds marins, témoignent, par exemple, de la présence d’une mer à une certaine époque... « Les résultats sont plus précis qu’une simple analyse au microscope », reprend le chercheur. Ainsi s’écrit l’histoire géologique...




 

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Nathalie Blanc

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