5,4,3,2,1... En route pour la planète Mars

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septembre 2011
Le rover Curiosity mesure 2.70 m de long. Il devrait atterrir sur Mars le 5 ou le 6 août 2012.
© Nasa / Jpl-caltech

<p>Des chercheurs nantais se préparent au départ de la prochaine mission de la Nasa vers Mars, dont ils analyseront les premières données.</p>

Au Laboratoire de planétologie de Nantes (LPGNantes), l’excitation monte à l’approche du grand jour. Le 26 novembre prochain, la sonde spatiale de la Nasa MSL (Mars Science Laboratory) décollera depuis Cap Canaveral : direction Mars. « La mission MSL devrait nous permettre de mieux comprendre la genèse de la planète rouge et son évolution, de retracer l’histoire de son climat et surtout de savoir si Mars a pu abriter la vie par le passé », annonce Nicolas Mangold, chercheur CNRS au LPGNantes, et l’un des responsables français de l’instrument scientifique Chemcam qui sera embarqué à bord du rover Curiosity. Avec ses 900 kg, 2,70m de long et 10 instruments, ce dernier est de loin le véhicule d’exploration le plus gros et le mieux équipé jamais envoyé sur le sol martien où il devrait atterrir le 5 ou le 6 août 2012.

Lancement, le 26 novembre 2011. L'interview vidéo de Stéphane Le Mouélic.

L’eau, c’est la vie ?

« La présence d’anciens chenaux et réseaux fluviatiles ainsi que de minéraux hydratés, notamment des argiles détectées depuis l’orbite, nous a permis d’affirmer que l’eau a bien coulé sur Mars par le passé. Désormais, nous cherchons à savoir si le temps de présence d’eau liquide a suffi pour que démarre le cycle de la vie », explique Nicolas Mangold. Pour ce faire, Curiosity sera stratégiquement déposé sur le site de Gale où les roches sédimentaires contiennent des sulfates et des argiles. « Si la vie a existé sur Mars, c’est dans ce type de roches que des indices ont le plus de chance d’avoir été conservés. En déterminant leurs compositions chimique et minéralogique, Curiosity nous permettra peut-être de déceler des précurseurs ou des résidus biochimiques de la matière vivante : des molécules organiques (contenant du carbone).»

Développé en France, Chemcam est un spectro-mètre à ablation laser (Libs) capable d’analyser la chimie élémentaire des roches à distance (jusqu’à 9m). « Grâce à son puissant laser, Chemcam transforme instantanément une petite surface de roche en un plasma, un mélange gazeux d’atomes excités et d’électrons, explique Stéphane Le Mouélic, ingénieur de recherche au LPGNantes et membre de l’équipe Chemcam. Quelques minutes lui suffisent alors pour déterminer, à partir du spectre de la lumière émise par le plasma, la nature des différents atomes composant la roche et estimer leurs proportions. » Mais avant de pouvoir déterminer les proportions de carbone, par exemple, d’une roche, il convient de soustraire du spectre brut le signal du CO2 de l’atmosphère martienne, qui s’ajoute fatalement à celui du plasma.

Atmosphère martienne

« Dès le mois d’octobre, nous démarrerons, au laboratoire nantais Subatech(1), une série de mesures sur des roches susceptibles d’être retrouvées sur Mars (notamment des basaltes et leurs produits d’altération) dans une atmosphère martienne reconstituée, afin d’établir un catalogue de spectres martiens. » Celui-ci permettra aux chercheurs d’interpréter plus rapidement les données que Chemcam leur transmettra en temps réel. « Si la roche ciblée présente des atomes de carbone, alors nous demanderons au rover d’en prélever un échantillon pour analyser sa minéralogie plus en détail, poursuit Stéphane Le Mouélic. Si aucune trace organique n’apparaît, alors nous pointerons une autre roche sans perdre de temps. »

Un rendez-vous planétaire à Nantes

Du 3 au 9 octobre, se tiendra à la Cité des congrès de Nantes, le colloque international de planétologie DPS-EPSC 2011. Plus de 1000 scientifiques venus de toute l’Europe, des États-Unis, d’Amérique du Sud et d’Asie s’y rassembleront pour discuter des enjeux de l’exploration spatiale. À cette occasion, le grand public et les scolaires pourront profiter d’une grande exposition (gratuite) intitulée “Voyages planétaires”(2). Depuis la halle de la Cité, ils embarqueront pour un voyage à travers le Système solaire, depuis Mars jusqu’aux mondes glacés de Saturne et au-delà. Au gré de leurs escales, les visiteurs découvriront des maquettes de rovers martiens grandeur nature (dont MSL), de lanceurs et de sondes, pourront assister à des spectacles dans un planétarium et participer à des ateliers ludiques ou encore à de nombreuses conférences.

 

JULIE DANET

 

 

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