Numérique : pour créer, soyez groupés

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novembre 2011
© Schwartz

Un nouveau lieu de conception, de production, de formation et de mutualisation, un FabLab, est en maturation à Brest.

Covoiturer, « coworker » et désormais « FabLaber »? L’ère est au partage de moyens, voire d’idées. Cette tendance touche déjà les nouvelles technologies avec les cantines numériques qui proposent un lieu d’échanges (ateliers, conférences...). Le FabLab, lui, propose un laboratoire de production numérique. Les machines numériques sont mises en commun, mais aussi des matériaux...

Le lieu, dédié à la production d’objets divers, est aussi ouvert à l’échange d’idées, propice aux rencontres professionnelles et orienté vers la formation par les pairs. Il doit pour autant garantir certains secrets de fabrication. L’intérêt est économique, bien sûr, d’où la mutualisation des équipements, mais c’est aussi un esprit, une nouvelle façon de concevoir la recherche et l’innovation.

Matérialisé avec des Legos

Il en existe déjà trois en France et une dizaine sont en passe de se concrétiser. Dans l’Ouest, il y en a un à Nantes, mais pas dans la région Bretagne. Pas encore préciseraient les participants de l’atelier FabLab qui s’est tenu dans le cadre de la semaine Internet des objet B-Ware en octobre dernier à Brest. Ils étaient une trentaine d’acteurs locaux (chercheurs, enseignants, entrepreneurs, étudiants) réunis dans une salle du centre culturel du Quartz à plancher sur le projet. Concevoir un FabLab brestois : utilisation, localisation, matériel, budget, public, heures d’ouverture... « Vous avez quarante minutes pour répondre à toutes ces questions et matérialiser votre projet avec des Legos !  » Autour d’une table, Sylvie, Patrice, Olivier et Bernt se posent immédiatement la question de la localisation du FabLab. Sur la carte, devant eux, les possibilités sont nombreuses. Et d’abord, « un ou plusieurs sites ? »

Pour simplifier l’approche, ils décident d’un seul atelier sur le Plateau des Capucins, un nouveau quartier de Brest. Là-même où pourrait s’implanter une cantine numérique après 2014. Ce qui fait l’unanimité, c’est l’imprimante 3D. Dans le domaine des objets communicants et dans celui du nautisme (leurs secteurs d’activité), la machine qui fabrique des objets en 3D est incontournable : « C’est la machine qu’il faut avoir !  » Reste à trancher sur le modèle. Une question pas anodine compte tenu du coût : « 20 000 euros pour une bonne imprimante. » D’où l’intérêt de mutualiser !

Qui pourra l’utiliser ?

Mais alors qui pourra l’utiliser ? « Des étudiants, des enseignants-chercheurs, des PME, des start-up peut-être et des amateurs. C’est important que les étudiants y aient accès, mais il faut qu’une personne expérimentée soit à leur côté ! Est-ce que le FabLab peut fonctionner comme une médiathèque, avec un animateur et même, pourquoi pas, des formules d’abonnement ? L’idée est intéressante ; cela permettrait de donner des accès différents aux matériaux, aux consommables. »

Avec un canapé

« Il faut penser à la sécurité ! » Une zone sécurisée avec espace de stockage est créée. La concrétisation avec des briques de couleur permet d’agencer les choses, sur la table et dans l’esprit. « Attention il faut veiller à ce que les machines ne soient pas trop proches de l’espace dédié aux études, au dessin... » D’ailleurs, « un canapé ça vous dit ? » Perplexité. « Si on veut que le lieu soit propice aux échanges, aux réflexions ! » Ils pensent à tout ! Enfin presque. « On a oublié le plus important ! », le financement. « On en a bien pour 50 000 à 100 000 euros, là !  »

 

Michèle Le Goff

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