Ressources marines : en ligne sur Internet !

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novembre 2011
© Nicolas Thibaut - Photononstop

Imaginée dans le cadre d’un projet européen, une bourse aux coproduits de la pêche est aujourd’hui opérationnelle.

Offre : 1000 tonnes de coproduits issus du filetage de saumon et de poisson blanc. Une annonce parmi d’autres, sur la bourse aux coproduits de Biotecmar, en ligne depuis octobre. Cette bourse, une première dans le domaine des coproduits marins, est le point d’orgue d’un programme de recherche européen consacré à la valorisation biotechnologique des produits et coproduits marins.

Huit laboratoires de recherche et quatre centres de transfert, français, espagnols, portugais et irlandais, ont exploré les débouchés potentiels des coproduits issus de la mer. « L’objectif était d’avoir une vision intégrée de la valorisation, depuis la prise en compte des ressources jusqu’aux marchés », soulignent Fabienne Guérard et Corinne Floch-Laizet qui ont mis en musique et piloté ce projet, commencé en 2009, depuis le Laboratoire des sciences de l’environnement marin(1) de l’IUEM(2) à Plouzané.

Le pigment des algues

Après plus de trois années de recherches, de tests de faisabilité, d’échanges et de formation, les équipes ont abouti à l’identification de nouvelles voies de valorisation pour certains coproduits marins. Les pigments d’algues rouges, par exemple, peuvent trouver des applications en cosmétologie moyennant une extraction par hydrolyse enzymatique qui permet de réduire les coûts et d’augmenter les rendements en pigments.

Transferts internationaux

Pour arriver à l’identification de ces niches, les chercheurs ont pris le temps de décortiquer les problématiques : étudier les marchés, identifier des chaînes de valeur telles que la valorisation de peaux de poissons, de résidus de sardines… et d’en vérifier la faisabilité technique.

L’équipe pilote du Lemar a ensuite organisé des transferts de connaissances et de compétences : informer et former. Les biotechnologies offrent de nombreuses possibilités, encore faut-il maîtriser les techniques. « Nous avons, par exemple, appris aux Espagnols nos technologies d’hydrolyse enzymatique qui leur seraient utiles pour valoriser des crustacés non consommés et obtenir, à partir de ces matières premières, des pigments, de la chitine et des peptides », précise Fabienne Guérard, coordinatrice du programme. Et ces transferts ne s’effectuent pas exclusivement entre laboratoires. Ils incluent les industries et les PME.

Tisser un réseau

L’objectif affiché consiste à tisser un réseau. Le site Web de Biotecmar permet d’entrer en contact avec les différents membres, de consulter les opportunités de partenariats technologiques européens ou d’y déposer une requête, comme cette pêcherie espagnole qui recherche à optimiser la consommation en énergie et le rendement de la transformation et la commercialisation de fruits de mer... « Le site fonctionne comme un outil, l’inscription y est gratuite et permet d’accéder à l’ensemble des ressources documentaires : cartes des matières premières disponibles, contenus des sessions de formation... », précise Fabienne Guérard. Elle n’attend plus qu’une chose : « que les professionnels se l’approprient » et que son travail prenne le vent du large.

 

Michèle Le Goff

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