Des fibres de verre à tout faire

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décembre 2011
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Quand des recherches sur les fibres de verre débouchent sur la création d’une entreprise dans le diagnostic médical.

La vision de nuit : c’est la première chose à laquelle on pense quand on parle des verres de chalcogénures, capables de transmettre la lumière dans l’infrarouge (lire article ci-dessus). Mais les verres noirs ont d’autres atouts : ils sont aussi de très bons capteurs. Dans le moyen infrarouge (2-20µm), les signatures spectrales des molécules biochimiques sont en effet très spécifiques ce qui permet de les différencier.

Travail de mise en forme

« Durant ma thèse, j’ai travaillé sur la mise en forme des verres de chalcogénures, fibres optiques et guides planaires, pour optimiser la détection, explique Marie-Laure Brandily. Car les besoins ne sont pas les mêmes selon que l’on vise des applications dans le domaine médical, en agroalimentaire ou bien la détection de polluants. » Dans un premier temps, les recherches se sont orientées vers le diagnostic médical.

Grâce au capteur à fibre optique - la lumière infrarouge est injectée à une des extrémités de la fibre qui est ensuite mise en contact avec le produit à analyser, et le signal après absorption par l’échantillon est recueilli à l’autre bout - « il est possible de faire des mesures déportées, non invasives et en temps réel », précise Marie-Laure Brandily. Des avantages tellement intéressants que les recherches se poursuivent aujourd’hui au sein d’une entreprise, Diafir, créée en juin 2011. La chimiste Marie-Laure Brandily en sera une des premières salariées, avec Nadia Fatih, qui apporte les connaissances en biologie.

Sur les maladies du foie

« Nous travaillons en étroite collaboration avec une équipe de l’Inserm(1), spécialiste des maladies du foie, et le CHU de Pontchaillou qui nous fournissent les échantillons biologiques sur lesquels nous avons testé notre matériel. » Pour l’heure, un brevet protégeant le design du capteur, une fibre capable de s’insérer dans un endoscope, a d’ores et déjà été déposé.

« Ce qui m’intéresse dans cette aventure, c’est la recherche, pas la production. Outre la forme du capteur, on peut aussi travailler sur sa composition ; essayer de la modifier pour améliorer la détection : la rendre plus fine, plus spécifique, aller plus loin dans le spectre infrarouge... »

Elle qui pensait après sa thèse que les verres de chalcogénures n’offraient pas beaucoup de débouchés... Il arrive heureusement aux chercheurs de se tromper !

Marie-Laure Brandily : Mention spéciale – Chimie verte, chimie bleue, chimie responsable

Elle a mené toutes ses études de chimie à l’Université de Rennes1 jusqu’à sa thèse, au laboratoire Verres et céramiques, soutenue en 2007. Après une escapade de deux ans en Floride, à l’Université d’Orlando, elle est revenue à Rennes en 2009 pour prendre part à Diafir, une entreprise créée récemment à partir d’une des activités du laboratoire Verres et céramiques. Thèse : Guides d’ondes en verres de chalcogénures pour la détection infrarouge d’espèces (bio)chimiques.

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Nathalie Blanc

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