Modérons notre consommation

297
avril 2012
© JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP
La demande en produits animaux (viande, œufs et lait) explose...

Parler des algues vertes nous amène à réfléchir sur le système agricole mondial et sur nos habitudes de consommation.

Nous sommes sept milliards d’humains sur Terre depuis octobre 2011 et serons probablement neuf milliards en 2050... Bilan : il faut nourrir plus de monde alors que la surface moyenne cultivable par habitant fond comme neige au soleil ! Elle a été divisée par deux en cinquante ans. « Le temps du monde fini commence, explique Jean-Paul Simier, directeur de la filière industries alimentaires à Bretagne Développement Innovation, en citant Paul Valéry. Comment faire comprendre aux pays émergents dont la demande en céréales et en produits animaux - viande, œufs et lait - explose, que nous allons devoir tous consommer moins ? »

Vers une écologie productive

Comment continuer à produire de façon intensive et durable ? « Se contenter de recentrer l’agriculture sur l’écologie ne suffit pas : on ne sait pas faire les mêmes volumes, poursuit-il. Et face à la demande, on ne peut pas se permettre de se mettre en situation de décroissance. » Un nouveau modèle émerge : c’est l’écologie productive. Elle consiste à mixer différents modèles agricoles. Des solutions de ce type sont, par exemple, explorées dans le cadre de la lutte contre la prolifération des algues vertes et font l’objet de tests sur le terrain, notamment en Bretagne (lire p.16-17).

C’est aussi ce à quoi réfléchissent vingt-sept partenaires (académiques et privés) dans le cadre d’un projet européen lancé officiellement le 29 février dernier : faire émerger de nouveaux systèmes agricoles moins spécialisés et remettant au goût du jour l’association des productions animales et végétales. D’où son nom : Cantogether, qui est la version anglaise de “cultures et animaux ensemble”(1). « Les perspectives du projet sont très larges, mais il comporte un axe sur les impacts environnementaux dans lequel l’eutrophisation sera bien sûr abordée, souligne Philippe Leterme qui le coordonne depuis Agrocampus Rennes. Sachant qu’il ne s’agit pas d’une problématique propre à la Bretagne. Tous les partenaires sont concernés. »

 Un corollaire à l’agriculture plurielle serait aussi de ne plus penser les solutions de manière trop générale, mais d’adapter les actions au sol, à la géographie, au climat... variables à l’intérieur d’un même pays, voire d’une même région. On voit bien en Bretagne que les sites touchés par la prolifération des algues vertes n’ont pas tous la même sensibilité.

La chasse aux “gaspis” !

 « Changer les modèles agricoles paraît indispensable, reprend Jean-Paul Simier. Mais ce n’est pas suffisant. Je pense qu’avant toute chose nous devons d’abord revoir nos modes de consommation et aussi nous attaquer au gaspillage... » Alors surveillons déjà nos assiettes.

L'autonomie protéique en alimentation animale

Jean-Paul Simier est intervenu le 30 mars dernier au cours d'un colloque sur l'autonomie protéique en alimentation animale pour la Bretagne et les Pays de la Loire, organisé par Agrocampus Ouest. Il y a présenté des données sur la demande mondiale en produits animaux (viande et produits laitiers).

Tabs

Nathalie Blanc

Ajouter un commentaire

Revoir le contenu de nos

Revoir le contenu de nos assiettes ?
Non seulement c'est souhaitable pour lutter contre les pollutions visibles comme les algues vertes, mais aussi contre l'effet de serre ... pour la santé et les conditions de vie des animaux .
Cet article pourrait être plus explicite en donnant des solutions et notamment réduire sa consommation de produits animaux particulièrement importante en France .
Alors que le Plan national nutrition et santé conseille aux francais de consommer 1 a 2 fois de la viande par jour et 3 a 4 fois des produits laitiers, une mise au point ou revendications s'averent nécessaires .
Comme par exemple : réhabiliter les protéines végétales ou végétaliser son assiette ...

LE DOSSIER