Sur les cailloux, la foule

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juin 2012
Un plongeur recense les espèces qu'il observe sur les fonds rocheux, ici des laminaires, et leur densité. Dans ses piluliers, il peut prélever des échantillons des espèces non identifiables à l’œil nu.
© René Derrien - MNHN Concarneau

À découvert ou immergés, les rochers abritent une myriade d’espèces, et indiquent la bonne santé du milieu.

Il y a les bigorneaux et les chapeaux chinois, qu’enfant, on ramasse comme des trésors. Il y a les crabes, que l’on tente de pêcher, en s’écorchant les orteils à travers des sandalettes trop petites. Et les algues, sur lesquelles on manque de glisser... Les rochers qui se découvrent à marées basses révèlent une multitude d’occupants ! Et ceux, plus lointains, qui restent immergés à longueur de journée aussi.

Des grandes brunes

 « À la fin de l’estran, c’est-à-dire au niveau zéro de la mer, le début de la zone que j’étudie, on trouve encore beaucoup d’algues, explique Sandrine Derrien-Courtel, chargée de recherche à la Station de biologie marine de Concarneau, des rouges, des vertes, mais surtout d’immenses brunes, longues parfois de plusieurs mètres, les laminaires, en grande quantité : plus de trois pieds par mètre carré. » Lorsque l’on descend, elles se font plus clairsemées à mesure que la luminosité baisse, et que la photosynthèse devient difficile. C’est la faune, elle aussi à fleur de rochers, qui prend le relais : « des oursins, des crustacés, des anémones, des éponges, et d’autres invertébrés qui filtrent l’eau pour se nourrir. Au plus profond, seules quelques algues “encroûtantes”, rases et collées aux cailloux, subsistent parmi toute cette faune. La présence de toutes ces populations témoigne de l’état de santé de cette zone située en deçà du niveau des marées. »

La Bretagne, une zone frontière

C’est pour cette raison qu’elles sont suivies de près, à raison de dix sites relevés par an, pour le réseau Rebent (lire p.14). « En dix ans, nous avons pu faire un état des lieux de cette biodiversité. Mais il nous faudra attendre d’avoir des séries temporelles plus longues pour pouvoir différencier les tendances réelles de changement des fluctuations naturelles. » Des premiers résultats devraient néanmoins être publiés prochainement. La Bretagne apparaît comme une zone frontière entre deux espèces de laminaires. « Laminaria hyperborea, la nordique, et Saccorhiza polyschides, la méridionale. » Et la répartition géographique d’autres espèces est également observée de près. Une pêche aux informations qui n’est pas près de s’arrêter !

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Céline Duguey

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