Des truites mises sous Prozac

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juillet 2012
© BILDERBERG

Des chercheurs analysent les effets d’un antidépresseur sur les systèmes cardio-vasculaire et respiratoire.

Médicament, effet cardio-vasculaire, Brest. Non, il ne s’agit pas de Mediator mais d’antidépresseur : le Prozac. Son principe actif, la fluoxétine, est testé dans le Laboratoire de neurophysiologie de l’université de médecine de Brest, sous l’œil vigilant de Jean-Claude Le Mével.

Son équipe(1) participe à un programme européen (Trans Channel Neuroscience Network - TC2N) consacré aux molécules présentes dans l’environnement susceptibles de perturber le système endocrinien. Le principe actif du Prozac est étudié au titre de sa présence dans certains cours d’eau, démontrée par plusieurs études canadiennes notamment, et parce qu’il s’accumule dans le cerveau des poissons.

L’équipe brestoise s’intéresse ainsi aux effets potentiels de la fluoxétine sur le système cardio-vasculaire et le système respiratoire de la truite. « Curieusement, ce modèle d’étude est intéressant par sa proximité avec l’homme, précise Jean-Claude Le Mével. Au cours de l’évolution, le cerveau humain a conservé les mêmes structures neuroanatomiques qui pilotent le cœur, les vaisseaux et les mouvements respiratoires. »

Aussi, depuis octobre 2011, l’équipe mesure les activités cardiaque (életrocardiogramme), vasculaire (pression artérielle) et respiratoire (mouvements ventilatoires) de truites auxquelles a été administré de la fluoxétine. Le site d’action du principe actif étant le cerveau, les réactions sont testées à partir d’injection dans le troisième ventricule du cerveau, au voisinage de l’hypothalamus. Pour analyser les résultats, les chercheurs bénéficient de programmes informatiques de traitement du signal développés, sur mesure, au sein du laboratoire.

Et sur les graphes, un effet s’esquisse. C’est la première conclusion de l’étude. « Il se passe quelque chose au niveau du cœur, des vaisseaux et du système respiratoire », commente Jean-Claude Le Mével.

Difficile d’en dire plus pour l’instant car les essais n’en sont qu’à leurs débuts. Les résultats ont besoin d’être précisés et les études complétées. Par exemple, les effets sont mesurés après une injection dite “aiguë” et non après des injections répétées.

L’équipe s’emploie actuellement à creuser cette première approche en testant notamment l’injection conjointe de fluoxétine et d’autres substances neuroactives pour préciser la voie et le(s) mécanisme(s) d’action.

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Renseignements

Jean-Claude Le Mével Tél. 02 98 01 64 59
Jean-Claude.LeMevel@univ-brest.fr

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