Portraits

© NATHALIE BLANC
Gilbert Blanchard
58 ans
Directeur d’un centre de biotechnologies en Bretagne
Interviewé depuis son bureau par téléphone, par Nathalie Blanc.

« J’ai deux amours : les beaux-arts et la chimie ! »

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?
Peintre ou dessinateur de bandes dessinées. Car j’ai deux amours : les arts et la chimie ! En parallèle de mes études scientifiques, j’ai suivi des cours aux beaux-arts. J’ai finalement opté pour une carrière dans le domaine des sciences mais je compare souvent la création scientifique, qui utilise des technologies pour créer de nouveaux produits, à la création artistique : les deux peuvent conduire à des résultats géniaux ou catastrophiques !

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?
Le moyen de gérer toutes les contraintes et tous les projets dans lesquels je m’engage... ! Il suffit simplement d’un peu d’organisation.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?
Oui, et je crois beaucoup au hasard des rencontres : soit de personnes qui vous incitent à les suivre dans leur engagement, soit de celles qui vous donnent leur confiance. Mais les hasards ne sont rien si on n’est pas disponible et ouvert pour saisir les opportunités qui se présentent.

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Qu’avez-vous perdu ?
Quelques rêves et illusions de jeunesse que j’ai réussi à compenser par un quotidien bien rempli. Je pense en revanche que je n’ai jamais perdu mon temps car j’ai toujours eu la chance de pouvoir choisir tout ce que j’ai fait.

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?
Rien du tout ! Tout mérite d'être découvert et compris. Faire progresser la connaissance est quelque chose de noble et de passionnant. Cela ne doit pas avoir de limites. Ce qui doit en avoir, c’est ce qui se passe après. Et, en tant qu’acteur du transfert de technologies, je vis cela quotidiennement. La question que l’on doit se poser est : doit-on utiliser la découverte ? Et si oui, comment ? Car un même savoir peut mener au meilleur comme au pire.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?
Un moyen radical pour lutter contre la bêtise humaine, la vraie, c’est-à-dire celle qui débouche sur des actions néfastes pour la société sans être bénéfique pour la personne elle-même. Je rêvais de cela en lisant récemment un livre édifiant(2)...

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?
À peu près tout, surtout quand on se rapproche des activités créatrices et artistiques. Il faut savoir manquer d’un peu de rationalité pour arriver à suivre son instinct et se laisser guider jusqu’à l’innovation.

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