Ça bourdonne en centre-ville !

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septembre 2012
Discrètes, nichées dans un coin de verdure, les ruches sont présentées au Thabor, à Rennes, depuis 2011.
© Céline Duguey

De plus en plus de ruches sont installées en milieux urbains. Pour lutter contre le déclin inquiétant des abeilles.

La campagne n’a plus la cote auprès des abeilles. Entre les pesticides et la monotonie des champs de céréales à perte de vue, ces insectes indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes ont tout à gagner à venir butiner en ville. Les parcs, les jardins et les balcons, mais surtout les arbres et la flore spontanée - celle qui pousse sans l’intervention de l’homme -, leur offrent une nourriture plus saine et plus variée ! Pour accompagner l’implantation des premières ruches à Rennes, début 2011, Cindy Berthelot, en stage de master à l’Université de Rennes 1, a analysé ces ressources et confirmé leur richesse. « La floraison de plantes mellifères et pollinifères se fait en continu, avec un pic de mai à juillet, qui correspond aussi au nombre maximal d’abeilles dans une colonie. »

Des abeilles noires à Lorient

Un an après l’arrivée des premières colonies dans les parcs des Gayeulles et du Thabor, le bilan est plutôt satisfaisant. « Nous n’avons eu aucun problème avec le public, explique Éric Dessoliers, ingénieur-paysagiste au service des jardins à la ville de Rennes. Les ruches sont gérées par des apiculteurs partenaires, qui récoltent le miel, et nous avons installé des panneaux pédagogiques. » En juin dernier, dix nouvelles ruches ont été installées sur le toit du parking Kléber et la mairie songe à de nouvelles implantations.

À Lorient, sept colonies ont fait leur apparition en 2011. « Dont un essaim offert par le conservatoire pour la protection de l’abeille noire de Groix, précise Pascal Desmaux, du service environnement de la mairie de Lorient. Aujourd’hui, nous en comptons trois de plus. » Comme à Rennes, cette démarche de sauvegarde des pollinisateurs accompagne une gestion différenciée des espaces verts et une sensibilisation de la population. « Minimiser l’emploi de produits phytosanitaires favorise aussi le retour de l’abeille sauvage. » La première récolte a été bonne, donnant lieu à une fête de l’abeille. « Certaines personnes nous on dit qu’elles avaient de plus beaux fruits, le rôle pollinisateur des abeilles se remarque ! » Le département du Finistère, Saint-Brieuc Agglomération, Quimper, Brest, Dinan ou encore Vitré ont désormais leurs ruchers. Les abeilles ont bel et bien trouvé leur place en ville.

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Céline Duguey

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