Protéger sans trop sanctuariser

301
septembre 2012

477 : c’est le nombre de Milieux naturels d’intérêt écologique (MNIE) recensés sur le Pays de Rennes depuis fin 2011.

Les MNIE n’existent nulle part ailleurs. De quelques centaines de mètres carrés - une mare, des arbres, une fontaine et de vieux murs abritant trois espèces de fougères dont la présence simultanée est relativement rare localement - à près de 200 hectares, comme le Bois de Sœuvres, ces espaces sont protégés et non constructibles. Ils hébergent des habitats naturels remarquables et/ou des espèces animales ou végétales rares et menacées.

L’idée de leur recensement a germé dans la capitale bretonne au début des années 80, avec l’objectif de disposer d’un outil de connaissance. Achevé en 1990, le premier inventaire s’étendait sur le District de l’époque à vingt-sept communes. En 2005, dans le cadre des études du Schéma de cohérence territoriale (SCoT), ce classement a été étendu à tout le Pays de Rennes.

En 2010, les communes de l’agglomération rennaise ont fait l’objet d’un inventaire de mise à jour. « Nous avons revisité la méthode d’investigation et mis en place de nouveaux inventaires comme ceux des amphibiens : grenouilles, tritons, salamandres..., précise Emmanuel Bouriau, chargé d’études à l’Agence d’urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération de Rennes (Audiar).

Les espaces classés sont majoritairement des boisements, mais on trouve aussi beaucoup de zones humides : prairies, petits plans d’eau. Les milieux les plus rares pour le territoire sont sur une zone calcaire située au sud-ouest de Rennes (Chartres-de-Bretagne et nord de Bruz) sur laquelle se développent des plantes également rares en Bretagne dont le sol est généralement acide. Même si une partie du parc des Gayeulles (45 ha) est classé à Rennes, il existe finalement peu de MNIE en milieu urbain. « La politique des MNIE est plus adaptée à la préservation d’espaces agronaturels. Protéger la nature en zone urbaine ne veut pas dire figer les espaces car la ville doit pouvoir continuer à évoluer pour répondre aux besoins de ses habitants. Cette évolution doit cependant permettre de valoriser les milieux naturels. Quand ceux-ci se trouvent dans le périmètre d’un projet lancé, il s’agit de trouver un compromis. Le plus souvent, cela est favorable pour la biodiversité et améliore le projet ! »

Sur le territoire, les MNIE et les continuités naturelles constituent une vaste trame verte et bleue, « dont nous devons maintenant affiner la connaissance pour les zones urbaines », précise Emmanuel Bouriau. L’Audiar s’est rapprochée du laboratoire de géographie et télédétection de l’Université Rennes 2 pour travailler sur la modélisation de son évolution à l’échelle du Pays de Rennes et affiner sa connaissance en ville.

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Nathalie Blanc

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