La maison de demain à très haut débit

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octobre 2012
Les fibres optiques permettent d'apporter jusqu'à 10Gb/s à l'entrée de la maison.
© BERTRAND LANGLOIS / AFP
Apporter la fibre optique dans chaque pièce de la maison pour augmenter encore le débit, un rêve ?

Surfer en haut débit tout en se libérant des fils à l’intérieur de la maison est déjà une réalité. Voire une banalité. Acheminé via les câbles téléphoniques (une paire de fils de cuivre), l’ADSL arrive dans nombre de foyers, via une prise unique. L’information transite ensuite par les ondes Wi-Fi dans toutes les autres pièces avec un débit pouvant aller jusqu’à 400 Mb/s ; mais ce débit a tendance à diminuer lorsque l’on s’éloigne de la source, d’autant plus qu’il y a des obstacles (murs...). Une aubaine pour les chercheurs et ingénieurs des télécoms pour imaginer comment faire mieux ! C’est précisément l’enjeu du projet Origin(1) porté par Orange Labs, débuté en 2009 et mené avec plusieurs partenaires bretons(2).

On ne voit pas les voisins

« Ce projet mélange la transmission par fibre optique, qui permet d’apporter jusqu’à 10 Gb/s à l’entrée de la maison, et la transmission par radio à 60 GHz qui permet des débits jusqu’à 7 Gb/s (NDLR : lire Comprendre ci-contre). Mais comme ces ondes hautes fréquences traversent difficilement les murs, une seule source radio ne suffit pas : c’est toute l’originalité du projet qui consiste à déployer le réseau de fibre optique à l’intérieur de la maison et garantir ainsi un débit minimum de 2 Gb/s dans chaque pièce, expliquent Daniel Bourreau et Michel Ney, responsables du projet au sein du département Micro-ondes de Télécom Bretagne(3). La diffusion par radio n’intervient qu’à ce stade avec un avantage : vos voisins ne pourront que très difficilement capter vos informations ! » Ce type de déploiement haut débit peut devenir une réalité économiquement viable pour les particuliers, mais vise aussi les espaces publics comme les kiosques de téléchargement que l’on pourra trouver dans les gares ou les aéroports : lire ou sauvegarder un disque dur pourra ainsi se faire très rapidement et facilement pendant un voyage.

Une approche très pragmatique

Ingénieur de recherche embauché spécialement pour ce projet, Yannick Paugam a prouvé la faisabilité technologique, notamment lors de démonstrations réalisées à l’occasion de plusieurs colloques et congrès. « Nous avons jusque-là utilisé des composants commerciaux, qui n’ont pas la taille optimale, explique-t-il. Ensuite, l’objectif sera d’arriver à les miniaturiser et de développer des composés dédiés. » La démarche va même plus loin : l’équipe travaille en ayant vraiment en tête l’application finale. Tout le matériel doit être robuste et facile à installer. « Nous travaillons avec des partenaires qui sont en relation avec le BTP(4). Les fibres optiques sont fragiles et ils ont recherché un modèle plus adapté qui pourrait être manipulé sans crainte sur les chantiers », note Camilla Kärnfelt, coresponsable du projet. De même, pour les antennes à fixer dans les pièces, ils étudient les emplacements privilégiés pour que l’installation soit rapide et fiable avec un fonctionnement optimal.

En attendant le signal

Mais si le système sera bientôt testé grandeur nature sur la plate-forme ImaginLab de Lannion (lire p.12-13), il ne sortira pas du laboratoire avant quelques années. Les bandes hautes fréquences utilisées (autour 60 GHz) ne sont pas encore normalisées en Europe ! Une étape que les constructeurs attendent impatiemment pour définir les protocoles, ce qui représente des enjeux économiques énormes.

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NATHALIE BLANC

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