Le très haut débit pour quoi faire ?

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octobre 2012
L'arrivée des smartphones bouscule les usages. Photos et films peuvent désormais être transmis en direct pour dire "J'y étais" ! COmme ici aux jeux Olympiques et Paralympiques de Londres.
© STEPHAN WERMUTH POOL/AFR
Les usagers s’approprient-ils toutes les possibilités offertes par le haut débit ? Les experts se penchent sur la question.

Est-ce l’offre qui fait la demande ou la demande qui fait l’offre ? « Un peu les deux ! », répond Sylvain Dejean, économiste à Télécom Bretagne et coordinateur du Gis(1) Marsouin sur la mesure et l’analyse des usages du numérique, en évoquant les technologies et les pratiques qui se développent autour du haut débit. Les chercheurs de ce réseau pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales font partie de la plate-forme de tests ImaginLab localisée à Brest, Lannion et Rennes depuis 2009(2). « L’originalité d’ImaginLab est de pouvoir offrir aux entreprises, et notamment aux PME bretonnes, la possibilité de tester grandeur nature la validité de technologies multiples : téléphonies mobile, fixe, Internet, télévision... en y intégrant une étude des usages », explique Michel Corriou, le responsable commercial.

Cinq reporters armés de smartphones

C’est ainsi que la transmission sans fil haut débit, la 4G LTE (lire p.10 à 12) a été testée à Brest grâce à quatre points hauts déployés dans la ville. « Une première expérimentation a eu lieu en octobre 2011 puis deux projets ont été menés en 2012 », poursuit Michel Corriou. Le premier, Miriad, porté par Orange(3), est une application touristique. Elle consiste à mettre à disposition des personnes en visite dans la capitale finistérienne des vidéos ou des informations sur des lieux d’intérêt, associées à de la réalité augmentée, sur smartphone ou tablette. Les résultats de cette expérience lancée en juin sont en cours d’analyse.

Zewal, la seconde expérimentation, s’est aussi déroulée cet été, pendant l’opération Tonnerres de Brest. Cinq reporters armés de smartphones, des moyens légers, ont pu diffuser leurs images en direct sur Internet.

« Le temps de latence n’était que de trente secondes ! Ce sont les seuls à avoir filmé la venue de François Hollande dans ces conditions », relate Michel Corriou. « Cette façon de filmer pour partager tout de suite les images sur Internet via les réseaux sociaux fait vraiment partie des usages en plein essor, note Sylvain Dejean. Il y a là beaucoup d’attente de la part des utilisateurs. »

Le coup de pouce de la Bretagne

On ne peut pas en dire autant de la fibre optique qui, pour l’instant, a bien du mal à s’imposer commercialement. La 3D à la maison sur la télévision, très gourmande en bande passante, a bien suscité un engouement au niveau du grand public, mais celui-ci semble retomber. « Pour le reste, les gens ont du mal à voir ce qu’ils pourraient faire avec autant de débit. L’ADSL (NDLR : qui passe par les câbles téléphoniques classiques) et le Wi-Fi (NDLR : ondes radio) leur en fournissent déjà assez pour leurs usages », poursuit Sylvain Dejean.

La Bretagne a décidé de donner un coup de pouce à la fibre optique. Avec l’État et France Télécom - Orange, le Conseil régional de Bretagne a ainsi signé, en mars dernier, une déclaration d’intention sur son déploiement : le projet Bretagne très haut débit (BTHD)(4), qui implique aussi les autres collectivités (départements, agglomérations, intercommunalités), a l’ambition de couvrir tout le territoire d’ici à 2025 et de connecter tous les foyers bretons d’ici à 2030. Mais pour l’instant, il est vrai que le réseau FTTH (Fiber To The Home ou fibre optique au domicile) concerne plutôt les entreprises ou les collectivités qui peuvent y trouver un moyen de transférer de très grosses données. Comme cela peut être le cas avec le développement du cloud computing (calculs et stockage répartis sur plusieurs machines ou serveurs à distance) et la naissance des salles immersives qui permettent de travailler dans des environnements en 3D utilisant la réalité augmentée.

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NATHALIE BLANC

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