Haro sur le pesticide du bananier !

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novembre 2012
© Patrick Somelet - Photononstop

Des chercheurs rennais ont participé à une étude d’impact du chlordécone sur la santé de jeunes enfants.

Il a été utilisé sans précautions pendant plus de vingt ans aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. Interdit depuis 1993, il a cependant eu le temps de contaminer l’environnement et la population. Le chlordécone est plus que jamais pointé du doigt : une étude publiée en juillet dernier(1) par quatorze cosignataires quantifie son impact. Cette étude a été conduite par une équipe de l’Irset(2), dirigée par Sylvaine Cordier à Rennes et par Luc Multigner à Pointe-à-Pitre.

Les scientifiques ont analysé l’exposition pré- et postnatale au chlordécone de 153 enfants nés entre 2005 et 2008, puis corrélé ces mesures avec l’impact sur le développement cognitif (test de préférence visuelle pour la nouveauté), visuel et moteur des enfants à l’âge de sept mois.

Bilan : l’exposition prénatale, mesurée par dosage sanguin dans le cordon ombilical, a des effets significativement négatifs sur le développement cognitif, visuel et moteur. L’exposition postnatale via des aliments susceptibles d’avoir été contaminés par le pesticide, est associée, moins fortement, à des troubles visuels et cognitifs. Par contre, l’exposition postnatale suivie par dosage dans le lait maternel n’est corrélée à aucune modification du développement psychomoteur des enfants.

Un sous-groupe a été revu à 18 mois (résultats en phase d’analyse) et un suivi des enfants aujourd’hui âgés de sept ans est en cours, afin de confirmer la tendance de ces résultats.

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