Le nouveau camp de base du grand Nord

304
décembre 2012
La nouvelle base, au Spitzberg, avec son éolienne, ses panneaux solaires et, au premier plan, le pont laser pour l'accès à Internet.
© D. FLEURY - IPEV

Au Spitzberg, l’Ipev accueille les chercheurs dans une base flambant neuve, entre le fjord et le glacier.

Dans le Grand Nord, l’Ipev s’est associé avec son homologue d’outre-Rhin pour créer l’Awipev, la station de recherche franco-allemande(1). Elle accueille les chercheurs au Spitzberg, dans le village scientifique international de Ny Ålesund. La base est équipée de trois laboratoires et d’une salle informatique. Elle peut accueillir seize personnes et trente projets scientifiques y sont menés chaque année. À 5 km du village, se trouve la base Jean-Corbel. Un lieu idéal pour s’approcher des zones d’études ornithologiques, toutes proches, et observer les mouvements du glacier voisin.

« Nous avons terminé la rénovation de la base Jean-Corbel cette année, explique Dominique Fleury, responsable logistique Ipev pour l’Arctique. C’était l’un de nos projets phares. L’énergie de la base est propre, elle n’a plus besoin de groupes électrogènes. Nous avons couvert les bâtiments de panneaux solaires et une éolienne produit de l’électricité en 220 volts. L’atmosphère est plus pure qu’au village : la base, utilisée par des ornithologues, des glaciologues et des géologues, pourra aussi accueillir des programmes d’études physico-chimiques de l’atmosphère, pour suivre l’évolution du climat. »

Cette base avait été créée, en tôle, en 1956. « Les chercheurs étaient quasiment sous la tente, poursuit Dominique Fleury. Il y a désormais des douches chaudes et une grande cuisine. La base peut maintenant accueillir jusqu’à huit personnes. »

Un pont laser

Une autre nouveauté est l’accès innovant à Internet. « Nous avons installé en octobre un pont laser avec le village, à 5 km. L’Internet haut débit passe par un faisceau optique infrarouge. Et cela marche mieux que prévu ! Nous pouvons établir une liaison de type Skype, comme si nous étions à Ny Ålesund. Ce haut débit illimité permet aux chercheurs de transférer les données et de prendre la main à distance sur une machine. Les scientifiques ne sont plus isolés. »

Sous l’eau du fjord

L’autre projet actuel, pour pousser toujours plus loin les recherches, est l’acquisition d’un nouveau bateau, qui complètera la flotte Ipev des cinq embarcations sur place. Elles servent à déposer les chercheurs sur les îles du fjord, sur la côte, près des glaciers. Les biologistes et les géologues peuvent alors étudier les oiseaux, les insectes des îles, les rocs brisés par la glace. Le nouveau navire de 7 m, doté d’une cabine et propulsé par un moteur de 120 chevaux, permettra désormais de mener des programmes océanographiques au Spitzberg. Grâce à une grue et un système de treuils, les chercheurs en biologie marine plongeront des capteurs, pour étudier le plancton ou l’acidité de l’océan. Des sédiments du fond de la mer pourront être récoltés dans le fjord, sous 400 m d’eau.

« Nous avons testé ce bateau en France en novembre et il arrivera sur place en mars. Il est renforcé, pour rencontrer des blocs de glace sans problème, et doté d’un bimoteur, si son hélice se casse sur un rocher. Ce navire dispose de moyens de communication par satellite et permettra d’étendre la saison scientifique : avec ses projecteurs et ses radars, il pourra même revenir au port de nuit, sous une tempête de neige ! » Décidément, tous les moyens sont bons pour repousser les frontières de la science.

Tabs

Nicolas Guillas

Ajouter un commentaire

LE DOSSIER