Lutte dans les eaux profondes

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janvier 2013
© Jacques Le Meur

Grâce aux données scientifiques, la pêche bretonne peut défendre son droit de travailler sur les grands fonds.

Au nord de l’Irlande et à l’ouest de l’Écosse, se pratique la pêche en eaux profondes, à plus de 500 mètres. Les pêcheurs y capturent généralement du grenadier, de la lingue bleue et du sabre... La surexploitation constatée dans les années 90 a conduit l’Europe à instaurer des quotas en 2003. Depuis, la flotte engagée a été réduite, et la France n’y exploite plus qu’une quinzaine d’unités. Les quotas ont été fortement réduits et certaines espèces, comme l’empereur, ont même été interdites.

Dans la décennie 2010, les armements retrouvent de bons rendements. En juillet 2012, l’Ifremer constate que la gestion actuelle a mis fin à la surexploitation mais qu’il faut tout de même rester mobilisés. Dans le cadre d’un partenariat formalisé comme une “co-expertise”, les pêcheurs lorientais apportent toutes leurs données aux chercheurs.

En face, des organisations écologiques comme Bloom et Greenpeace (lire l'article) militent contre une pêche considérée comme “un modèle économique absurde qui, de plus, détruirait les coraux”. Elles trouvent une écoute à Bruxelles où elles militent toujours pour la réduction des quotas et l’interdiction du chalut sur les grands fonds.

« La Commission avait commandité deux études, l’une, Deepfishman, sur la pêche dans les grands fonds, l’autre sur la protection des habitats vulnérables, explique François Théret, conseiller halieutique à l’armement lorientais Scapêche. Au dernier trimestre 2012, la Commission envisageait des mesures restrictives alors que ces études dédramatisaient la situation. » Fin novembre 2012, le Conseil des ministres des pêches donnait finalement satisfaction aux pêcheurs en augmentant de 69 % le quota de grenadier et de 40 % celui du sabre ! Le Lorientais Olivier Le Nézet, président du Comité régional des pêches de Bretagne, souligne de son côté que cette pêcherie est la plus encadrée d’Europe. « Son organisation est d’ailleurs l’une des réussites de la politique commune des pêches. »

Jacques Le Meur

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