Savez-vous parler le langage robot ?

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mars 2013
Tony Boury, roboticien, intervient directement dans les entreprises.
© WEST ROBOTIC

Programmer un robot est un métier à part entière, qui demande de s’adapter à des contextes de production différents.

Tony Boury est roboticien. Il parle presque une dizaine de langages robotiques. Car chaque fabricant et même presque chaque robot parle son propre langage. « La logique reste la même, rassure le spécialiste, mais les langages sont différents, comme l’anglais l’est de l’italien. »

Donner vie à une machine

Son challenge consiste à « donner vie à une machine : la faire bouger et effectuer ce qu’on lui a demandé de faire, alors qu’on part d’un ensemble de pièces métalliques. » Plus qu’un métier, pour Tony Boury c’est une passion. Cela fait quatorze ans qu’il s’est immergé dans cet univers. Et c’est en apprenant par lui-même avec les manuels des fournisseurs, puis en travaillant chez un intégrateur et enfin chez un fabricant de robots qu’il a développé son savoir-faire. Car il n’existe pas de formation exclusivement dédiée à la robotique. Cela reste une option dans des parcours plus généralistes, de mécatronique, par exemple.

Du mascara aux saucisses

Aujourd’hui, c’est en tant que prestataire que le roboticien intervient chez les fabricants, les intégrateurs (comme l’entreprise Guelt, ci-contre), ou directement au sein des industries. Car Tony Boury a créé sa société, West Robotic (à Muzillac, Morbihan). Un choix qui ne coule pas de source. A priori, peu de sociétés existent dans ce domaine, les roboticiens sont plutôt intégrés aux équipes et donc salariés des fabricants, des intégrateurs ou des industriels.

Pour un roboticien, intervenir en tant que prestataire suppose de beaucoup se déplacer. Et d’être apte à intervenir sur des robots différents, dans des contextes extrêmement variés. « En agroalimentaire, par exemple, on ne peut pas arrêter certaines machines pour intervenir ! » Travailler pour divers clients suppose également de passer d’un secteur d’activité à un autre : « On fabrique du mascara et le lendemain des saucisses. »

Une programmation à la carte

La programmation, c’est à la carte. Le roboticien peut « aller plus loin dans le développement que ce qui a été proposé par le fabricant, par exemple ajouter des fonctionnalités comme la prise à la volée de produits. » Le professionnel programme également l’interface qui permet à l’opérateur de conduire le robot, régler le nombre de prises, le temps de soufflage, la vitesse du robot... à l’aide d’un écran tactile. L’opérateur peut aussi visualiser ce que voit le robot grâce à une programmation particulière et ainsi surveiller la couleur d’un produit cuit, par exemple. Il peut aussi connaître le rendement (nombre de produits traités en fonction du temps)... Finalement, le roboticien tient lieu d’interprète entre l’homme et le robot. Pour que les deux se comprennent.

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Michèle Le Goff

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