Plein de nuages en formation

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avril 2013
© DAVID FERRIERE - SIB
Situé à Rennes, le data center du SIB, qui possède un accès avec plusieurs niveaux de sécurité, héberge les systèmes d'informations hospitaliers complets pour une centaine d'établissements. Actuellement utilisé à 10 % de ses capacités, il pourra accueillir près de 800 serveurs et abriter 2 peta-octets de données et d'images. Avec son alimentation électrique sécurisée et secourue, sa double climatisation, il offre une très haute disponibilité (99,985 %).

Espaces de stockage, puissance de calcul, nouveaux services..., offres et demandes de cloud computing sont en plein boom.

Pour l’utilisateur, tout est simple et transparent : une interface Web permet d’accéder facilement à ses données stockées à distance, ou de disposer de plus de puissance de calcul en un temps record... Mais dans les coulisses, derrière le nuage, il y a toute une infrastructure de réseaux, et aussi des cerveaux qui font en sorte que tout cela fonctionne. Grands groupes ou entreprises de taille plus modeste se mettent en ordre de bataille autour de ce nouveau métier : fournisseurs de solutions de cloud computing.

Le virtualisation gagne du terrain

Orange a ainsi créé une nouvelle entité. Née il y a deux ans à Rennes, la Cloud Factory est dédiée aux offres de cloud pour les entreprises. Elle occupe une centaine de personnes au total, dont soixante-dix dans la capitale bretonne, et s’appuie sur plusieurs data centers répartis entre la région parisienne et Singapour. « Car même si le principe du cloud est de mieux en mieux accepté par nos clients, ceux-ci préfèrent quand même savoir leurs données pas trop éloignées de chez eux », précise Vincent Roussillat, un des responsables de la Cloud Factory d’Orange à Rennes. Les trois niveaux “classiques” de service du cloud sont proposés : de la simple location de place sur un serveur (Infrastructure as a service - Iaas), au paiement des logiciels à l’utilisation (Software as a service - Saas), en passant par l’hébergement des logiciels du client (Plateform as a service - Paas) (lire Comprendre p. 12-13). Et, selon Vincent Roussillat, la virtualisation va continuer à gagner du terrain et concerner de plus en plus de services : les pare-feux mais aussi les routeurs. « Le principe est toujours le même : on remplace des équipements physiques dédiés, et donc par essence limités, par un serveur sur lequel est installé un hyperviseur. Ce logiciel de virtualisation est capable de créer des serveurs virtuels qui peuvent héberger différents systèmes d’exploitation et des applications - pare-feu ou routeur entre autres -, et de répartir le temps machine en fonction des besoins... » Un véritable chef d’orchestre!

Beaucoup de flexibilité

Le métier de Claranet, lui, n’a pas changé. Il a juste basculé dans le cloud. Fondée en 1996 et basée en partie à Rennes, cette entreprise qui compte six filiales en Europe, est spécialisée dans l’hébergement, les réseaux et la gérance de sites Web. « Avant, nous utilisions des machines physiques, mais aujourd’hui, nous proposons des solutions basées sur le cloud computing dans 75 % des cas », précise Laurent Perriault, directeur des opérations.

Le Téléthon et The Voice

Une solution dont la flexibilité est, par exemple, tout à fait adaptée à des événements comme Le Téléthon ou The Voice, couverts par certains de ses clients dans les grands médias, et qui génèrent des pics d’audience et donc de charge au niveau des réseaux. Autre cas rencontré dans les contrées bretonnes : celui de Synergiz. Créée en 2011, cette petite entreprise malouine de conseil et de service se distingue de par son parti pris : les technologies Microsoft, qu’elle couple à de l’innovation. « Le cloud computing fait évidemment partie des solutions phares que l’on propose aux clients que nous accompagnons, explique Fabrice Barbin, fondateur et dirigeant de l’entreprise. Et nous faisons aussi de la R&D. Nous avons, par exemple, travaillé sur des écrans tactiles ou des bornes pilotables par le geste. Le cloud nous donne alors la possibilité de les installer et de les gérer très facilement. »

Plus que la technologie du cloud en elle-même, c’est le principe de l’externalisation qui est poussé, ici jusqu’au service de R&D. Les modes de gestion et d’utilisation des outils informatiques et de télécommunications sont en pleine mutation, grâce à des nuages qui ont pour but d’apporter, non pas du brouillard, mais de la fluidité dans les échanges.

Un cloud dédié à la santé

Avant, l’orientation des patients vers des Services de soins de suite et de réadaptation (SSR), après une hospitalisation, s’apparentait à un vrai parcours du combattant, couplé à une débauche d’énergie : des dizaines de coups de téléphone et de fax envoyés pour transmettre les mêmes données, des appels qui se croisent... Les choses ont commencé à changer en 2010, avec le raccordement des premiers hôpitaux du Finistère Sud à la plate-forme Alfa-Lima Orientation. Créée et déployée dans toute la région en 2012, par le Syndicat interhospitalier de Bretagne (SIB)(1), son utilisation ne cesse d’augmenter. 1700 demandes de prise en charge sont actuellement traitées chaque mois. Et cela grâce au cloud : « Cet outil commun, proposé en mode Saas(2), permet d’optimiser la gestion et la régulation des demandes, explique Claudie David, responsable du pôle télésanté et hébergement de données de santé au SIB. Une fois entré, le profil du patient est visible en même temps par tous les SSR qui peuvent répondre en quelques clics. » C’est un exemple parmi d’autres de services proposés par le SIB aux acteurs de la santé sur le territoire national, dont l’ensemble des données est hébergé dans son récent data center “santé” du SIB inauguré en octobre 2012.

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Nathalie Blanc

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