Aux frontières de l’identité

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mai 2013
A Rennes, lors d'une manifestation pour le droit au logement en 2012
© Alain Amet - Musée de Bretagne

Les questions de l’identité et du rapport à un territoire sont travaillées par une étudiante rennaise pour sa thèse.

« Je suis Britannique de nationalité, mais Bretonne de cœur ! », affirme avec détermination Roz, installée en Bretagne ; alors que cette autre jeune femme franco-marocaine avoue avoir eu l’impression de ne plus être personne le jour où elle a reçu son certificat de naturalisation ! Ces témoignages sont tirés de l’exposition Migrations, présentée au musée de Bretagne (lire p. 10 à 12 et p. 18).

Bien plus qu’une carte en plastique, l’identité est ce qui nous définit par rapport aux autres. Et elle n’est pas figée ! C’est un processus complexe de construction qui varie au cours du temps et en fonction des interactions. « Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’identité est aussi pluridimensionnelle, précise Anne Diaz, ethnologue. Prenez un Guingampais, il ne se présentera probablement pas de la même façon, selon qu’il se trouve face à un Briochin, un Brestois, ou un Japonais ! » À l’échelle d’un État, l’identité est sans cesse reconstruite par les politiques qui découpent le territoire en régions, départements, pays... Ces différentes images sont ensuite utilisées à des fins commerciales, pour le tourisme.

C’est ce rapport à la terre, au territoire, qui passionne Anne Diaz. Elle y travaille pour sa thèse, commencée en novembre 2012 au sein du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC(1)) de l’Université Rennes 2. « Je veux comprendre comment se construit le sentiment d’appartenance, qui n’est d’ailleurs pas forcément conscient. Je m’intéresse à la représentation des frontières dans le processus de construction identitaire. » Anne Diaz a choisi le département des Côtes-d’Armor comme zone de travail : très intéressant de par sa situation historique, il est traversé par la frontière entre la haute et la basse Bretagne, c’est-à-dire entre les territoires breton et gallo ! « Il y a là une frontière virtuelle importante, symbolisée en plus par la langue, précise-t-elle. Je vais essayer de voir si le sentiment d’appartenance influence les déplacements, le discours... S’il est transmis à la descendance, et si oui, comment ? » Être de quelque part, ou de plusieurs endroits à la fois...

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Nathalie Blanc

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