La carte des bruits marins

310
juin 2013
Le monde du silence est parcouru de bruits... comme ceux des moteurs des bateaux.
© BIOSPHOTO- LAURENT PIECHEGUT

Une société brestoise aide les industriels à prévoir le bruit d’un chantier sous-marin. Et l’impact sur la biodiversité.

Un forage sous-marin, l’installation d’une hydrolienne ou l’aménagement d’un port : chaque chantier fait beaucoup de bruit sous la mer. Depuis quelques années, les scientifiques étudient l’impact des sons sur la biodiversité marine. Et à l’heure où une législation commence à être appliquée, les industriels doivent limiter cet impact,

La société Quiet-Oceans (Plouzané) a développé un outil de prévision, pour connaître le bruit que générera un chantier sous-marin. Elle propose aux industriels des préconisations pour atténuer ce bruit et sa propagation. Lorsqu’il est impossible de réduire le volume sonore à la source, des solutions extérieures existent, comme le rideau de bulles (lire article ci-contre).

L’empreinte sonore

La première étape consiste à calculer l’empreinte sonore, en déterminant les niveaux de bruits qui s’ajoutent au bruit existant, mesuré sur site. Cartographier l’empreinte sonore peut passer par une modélisation, qui a l’avantage d’être prédictive et de couvrir une zone plus large. Quiet-Oceans a développé son propre outil de prévision, le calculateur Quonops. Dans le cas du trafic maritime, son principe est simple : les navires transmettent des informations (position, type de navire) qui sont récupérées en temps réel. Quonops les transforme alors en sources de bruit qui se propagent dans le milieu océanique. Cela permet d’estimer les risques d’impact sur les espèces marines potentiellement présentes dans la zone.

Ce modèle est régulièrement incrémenté de nouvelles données, pour le rendre plus précis et plus universel. Actuellement, l’équipe de Quiet-Oceans y intègre les caractéristiques de navires en partenariat avec DCNS et les données environnementales d’un fjord.

Les mammifères marins

Quiet-Oceans participe au programme européen Aquo(1), dont l’objet consiste à réduire l’empreinte sonore du trafic maritime en Europe, pour une meilleure protection de la faune et de la flore sous-marines. Les prochaines étapes de ce programme pour Quiet-Oceans consisteront à étudier, dans deux autres zones géographiques, l’impact du bruit des navires sur les céphalopodes et les mammifères marins. Puis à modéliser ces empreintes sonores et à proposer des actions pour les réduire.

« Nous voulons évaluer si les projets maritimes auront ou non un impact sonore et préconiser des moyens pour le réduire », résume Florence Marchand, responsable marketing de Quiet- Oceans. L’entreprise collabore avec des industriels qui exploitent la mer tels qu’EDF, GDF et DCNS, mais aussi des collectivités locales qui entreprennent des travaux comme ceux de la route littorale de La Réunion.

À l’écoute du monde sous-marin

La société morbihannaise RTSYS conçoit des systèmes électroniques pour l’acoustique sous-marine, développe des interfaces logicielles et propose de la mécanique dédiée au milieu marin. RTSYS collabore à plusieurs projets de recherche en acoustique sous-marine, notamment Aquo (lire ci-dessus) et Carasedim (lire p.18). Elle a aussi lancé son propre projet de recherche sur les meutes de drones pour la prospection sous-marine (Comet(2)). L’entreprise soutient également, en tant que mécène, la chaire industrielle Chorus, inaugurée en janvier 2013. Pilotée par un laboratoire grenoblois(3) et l’IUEM(4), également soutenue par Quiet-Océans et le Shom(5), cette chaire a pour objectif de surveiller les écosystèmes marins sans les perturber en écoutant les sons qu’ils produisent.

MLG
Renseignements : 
Rens. : Luc Simon Tél. 06 52 60 02 18, lsimon@rtsys.fr

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Michèle Le Goff

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