L’Américaine qui en pince pour l’Europe

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juillet 2013
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Une doctorante étudie la propagation d’une écrevisse invasive dans le marais de la Brière (44).

Elle fait envie, avec sa couleur rouge et ses pinces charnues. Mais l’écrevisse de Louisiane n’a pas les mêmes qualités gustatives que sa cousine européenne. C’est pourtant pour faire face à la demande des consommateurs qu’elle a été introduite sur le vieux continent dans les années 70.

« Les Américaines, notamment l’écrevisse de Louisiane, sont moins exigeantes en termes de qualité d’eau que les espèces locales, explique Anne Tréguier, doctorante à Agrocampus Ouest(1), qui a présenté ses travaux lors des 6es Journées françaises de l’écologie du paysage(2). Elles se reproduisent plus facilement et, surtout, ne sont pas victimes de la peste. » Mais aujourd’hui, elles pullulent ! Pour trouver des moyens de lutter contre cette invasion, la chercheuse s’est penchée sur le cas du Parc naturel régional de Brière, en Loire-Atlantique. « Dans cette zone, l’implantation de l’écrevisse de Louisiane a contribué à la raréfaction des herbiers aquatiques et à la diminution des amphibiens. » Grâce à des prélèvements d’ADN et des captures, elle tente de comprendre comment la bête se propage dans deux réseaux de mares, proches des marais de Brière et du Mès. Un travail complexe, car l’écrevisse vit dans l’eau mais peut aussi marcher d’une mare à une autre ! « Il semble que la proximité des marais et la taille des mares jouent un rôle, mais d’autres paramètres entrent en jeu, comme la présence d’autres espèces, notamment l’anguille, prédateur naturel ! » En attendant, vous pouvez toujours les accommoder avec une bonne sauce...

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Renseignements

Anne Tréguier Tél. 02 23 48 54 46

anne.treguier@rennes.inra.fr

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