Le nouvel outil des géographes

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septembre 2013
La photo prise par le drone permet au géographe de distinguer finement les éléments, jusqu’à différencier les espèces végétales.
© Simon Dufour
Intermédiaire idéal entre les relevés de terrain et les images satellite, le drone séduit les chercheurs en géographie.

« C’est facile : je le secoue trois fois pour lancer le moteur et c’est parti ! » Voici comment débute une campagne d’acquisition d’images avec un drone. Simon Dufour est géographe au LETG Costel(1) Rennes depuis 2009, spécialisé dans le suivi des cours d’eau. C’est lui qui a eu l’idée d’acheter un drone. Il a pu le faire en 2011, grâce à une allocation de Rennes Métropole. Il a choisi l’un des plus petits modèles : une aile en polystyrène qui, une fois chargée avec l’appareil photo et la batterie, ne pèse pas plus de 2 kg.

Le plan de vol de la machine est déterminé à l’avance sur l’ordinateur avec lequel le drone est en liaison radio. Si toutes les conditions sont réunies et que le vent n’est pas trop fort, la prise de photos ne prend pas plus d’une demi-heure. L’appareil vole à basse altitude (entre 100 et 150 m) ce qui permet d’obtenir des images avec une très bonne résolution (1 pixel égale 2 à 5 cm). « J’arrive à différencier les espèces végétales et à repérer les habitats des poissons : selon que l’eau est lisse ou fait des vaguelettes à la surface. J’utilise aussi un logiciel qui associe deux photos prises sous deux angles différents pour obtenir des notions de volume ; un peu comme nos deux yeux nous permettent de voir le relief », explique-t-il.

Adapter la fréquence des sorties

Dans le laboratoire de géographie, il est devenu le mode d’acquisition intermédiaire idéal entre le satellite, dont les images sont de plus faible résolution, et les relevés sur le terrain qui peuvent prendre beaucoup de temps (mais qu’il ne faut pas arrêter pour autant). « Quand on suit la restauration d’un cours d’eau, notamment après la suppression d’un barrage, on sait que les changements vont aller très vite au début et que les choses vont se calmer après. Avec le drone, on peut adapter la fréquence des prises de vues ; on n’est pas dépendant du passage des satellites. » Le revers de la médaille, c’est le nombre d’images à traiter ensuite au laboratoire, qui nécessite une forte puissance de calcul.

En vol stationnaire pour les crues

Au sein du laboratoire et plus largement de l’Osur(2), d’autres chercheurs commencent à lorgner sur la machine pour faire du suivi du stress hydrique des vignes, de la surveillance de l’érosion des sols et des mouvements de terrain... Et, même si la nouvelle réglementation de 2012 (lire p. 11) a un peu ralenti les sorties de Simon Dufour, il réfléchit quand même à acquérir un deuxième drone et, pourquoi pas, d’un autre modèle. « Les hexaou quadricoptères sont capables de faire des vols stationnaires. Cela peut être très intéressant pour suivre une crue, par exemple. » Les géographes sont bel et bien conquis.

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Nathalie Blanc

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