Portraits

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Laurence Hubert-Moy
51 ans
Géographe spécialisée en télédétection
La nouvelle présidente du comité Tosca(1) a été interviewée à son retour d'une université d'été en Angleterre par Nathalie Blanc

J'aimerais que l'exploration de la Terre continue à faire rêver.

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?
J’aime beaucoup mon métier. Mais aujourd’hui, si j’avais à changer, je serais bien paysagiste ou ingénieur agronome. Sinon, dans un tout autre domaine, médecin rééducateur ou kinésithérapeute, pour le côté fonctionnement et mécanique du corps.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?
Je me rends compte que, plus on avance, moins on a de certitudes ! On répond à des questions en en formulant d’autres. En fait, la vie est une quête continuelle.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?
Oui, je pense à une rencontre fortuite avec deux mathématiciens qui travaillaient sur la théorie des évidences pour la fusion de données. Ils cherchaient une application et moi, avec le thésard que j’encadrais, étions bloqués sur la fusion de nos images satellite. Nous avons croisé nos expériences. La télédétection a été la première application de cette méthode qui est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines : l’économie, la médecine, l’industrie...

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Qu’avez-vous perdu ?
Je perds tout, tout le temps : mes clés, mes lunettes, mes papiers, mon sac... C’est un vrai problème pour moi. Heureusement que ma tête est vissée !

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?
Que le monde est fini. Même si la Terre apparaît comme un monde spatialement limité, il reste encore beaucoup de choses à découvrir, au fond des océans, par exemple. J’aimerais que l’exploration de la Terre, tout comme l’exploration de l’Univers, continue à faire rêver.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?
Ce qui est déprimant dans mon métier, c’est d’observer toutes les atteintes à l’environnement : la déforestation, la pollution... Alors j’aimerais qu’à l’avenir, on arrive à produire des ressources alimentaires sans polluer l’eau ni les sols. Cela ne changerait pas radicalement ma vie mais celle de millions de personnes.

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?
Je crois que nous faisons tous des expériences qui nous en font douter un jour ou l’autre. Dans notre culture, on a du mal à vivre avec ce qui n’est pas rationnel alors que cela pose beaucoup moins de problèmes ailleurs, comme on peut le voir dans la littérature russe, par exemple.

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