Un trimaran intrigant

Inspiré des recherches bretonnes, le premier trimaran écoconçu a été mis à l’eau fin mai.

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octobre 2013

Il est vif, rapide et léger sur les vagues. Le nouveau trimaran du navigateur Roland Jourdain a fait son premier tour de Bretagne cet été. A priori, il a l’air tout à fait standard.
Mais Gwalaz, du breton “herbe marine”, cache bien son jeu. Dans la coque, pas de composites classiques comme la fibre de verre. Le lin imprégné de résine partiellement biosourcée prédomine. Le challenge de l’écoconception est double : résister à la corrosion, aux remous marins, aux UV et respecter un cycle de vie le plus écologique possible. Pour le relever, les ingénieurs de l’entreprise Kaïros(1), à l’initiative du projet(2), ont basé leur réflexion sur des recherches locales. « Les fibres de lin imposent des conditions strictes de culture car elles doivent être de diamètre constant pour plus de résistance. Mais à l’usage, elles sont très amortissantes et tiennent largement le choc », explique Peter Davies, chercheur au laboratoire Comportement des structures en mer de l’Ifremer, à Brest. « La fabrication à partir de biomatériaux nécessite une dépense d’énergie moindre et limite l’impact sur la santé humaine », complète Gwénaël Le Maguer, ingénieur transfert nautisme et construction navale à l’Université de Bretagne Sud (Vannes).

Le prochain défi concerne la fin de vie du bateau. En 2008, le LimatB(3) et l’Ifremer ont mis au point un kayak compostable, mais la technologie doit gagner en maturité
pour s’adapter à une production industrielle.

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