Un quartier artisanal sous les pavés

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décembre 2013
© Espace des sciences

Place Sainte-Anne à Rennes, l’Antiquité et le Moyen Âge refont surface.

Après la rue de la Visitation en 2004 et le couvent des Jacobins en 2007 et 2011(1), c’est au tour de la place Sainte-Anne de livrer ses trésors archéologiques(2). Dirigée par le chercheur Dominique Pouille, une équipe de l’Inrap(3) découvre depuis le début d’octobre les vestiges enfouis sous les pavés de la place, précisant ainsi la morphologie de la ville à l’époque antique(4).

« Le mur que l’on reconnaît ici longe une rue déjà mise au jour au niveau du couvent », décrit Dominique Pouille. Elle forme un carrefour encore bien visible avec un second axe nord-sud. Cette zone de la ville antique serait plutôt artisanale, à en croire les restes de fours de verrier. Trois cercles de briques et de tuiles témoignent de la présence passée des chambres de chauffe qui en forment la partie basse. « On a retrouvé des fragments de verre fondus, ce sont les déchets laissés sur place par l’artisan. » Quelques mètres plus loin, les vestiges de l’époque antique ont disparu. Une carrière destinée à fournir les pierres de la deuxième fortification de la ville fut creusée à cet endroit au début du 15e siècle. Le cimetière de l’hôpital Sainte-Anne y prit place du 15e au 16e siècle. Là, l’Inrap a retrouvé de nombreuses sépultures, entassées, parfois collées les unes aux autres. « Il s’agit d’une population peu aisée, inhumée sur place suite à un séjour hospitalier. Il n’y a pas de traces de sarcophages de plomb comme au couvent. Au mieux, les corps étaient recouverts d’un linceul. » D’ici à 2015, de nombreuses analyses (datations archéomagnétiques des fours, anthropologie, céramologie et numismatique(5)) permettront de comprendre et dater précisément les découvertes.

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